ALIMENTATION EN CAMPAGNE
Trains régîmentaires. — Les trains régîmentaires comprennent :
Des fourgons à vivres, attelés à deux chevaux ; Des fourragères, attelées à quatre chevaux.
Les différents modèles de ces voitures ont été indiqués à propos du matériel emporté en campagne par les différentes armes, notamment dans le paragraphe consacré au train. Leur nombre, pour les principales unités, est le suivant :
Fourgons
à rirres. Fourragères.
État-major de corps d*armée 2 >»
— d'une division i »
Bataillon d'infanterie 5 (i) >»
Régiment de cavalerie 5 (i) 5
Batterie d'artillerie de campagne. 1 i
Colonne légère de munitions i i
État-major d'un bataillon d'artillerie lourde d'armée de campagne , 1 »
Batterie d'artillerie lourde d'armée
de campagne : 1 \
Compagnie de pionniers i »
Ambulance i *>
La charge normale d'un fourgon à vivres est de 500 kilogrammes ; celle d'une fourragère 1000 kilogrammes.
Les trains régimentaires portent normalement un jour complet de vivres (viande fraîche) et généralement un deuxième jour de vivres, sans viande ; en plus, ils portent 3 rations de riz, café, sel et thé, par homme.
Les fourragères portent l jour d'avoine pour les chevaux de cavalerie et d'artillerie.
Certains régiments de cavalerie emportent aussi une deuxième ration de vivres de réserve sur les voitures du train
(i) Y compris une voiture de cantinière.
régimeotaire ; ceux des divisions de cavalerie emportent i jours de café et de sel.
Comme un jour de bétail sur pied, destiné à être abattu à l'arrivée au cantonnement, suit le train régimentaîre, il en résulte que celui-ci comprend, au total, 2 jours de vivres.
Les trains régimentaires se ravitaillent soit par achats ou réquisitions, soit au moyen de magasins, soit enfin à Faide des colonnes de subsistances.
Colonnes de subsistances. — Chaque corps d'armée est doté de :
l®.Six colonnes réglementaires de subsistances (constituées avec des voitures à vivres réglementaires) et comprenant :
a) 3 colonnes à voitures à 4 chevaux (27 voitures à vivres à 4 chevaux, 2 voitures de service dont Tune est munie d'une forge portative), à l'effectif de 101 officiers, sous-officiers et soldats, 141 chevaux;
b) 3 colonnes à *voitiires à 2 chevaux (36 voitures à vivres, 2 voitures de service), à Feffectif de 83 officiers, sous-officiers et hommes, 107 chevaux;
2® Sept colonnes auxiliaires de subsistances constituées avec 60 voitures de réquisition à 2 chevaux, plus 2 voitures de service ; leur effectif comprend 110 officiers, sous-officiers et soldats, 162 chevaux.
L'ensemble des colonnes réglementaires et auxiliaires portent :
2 jours de biscuit, 2 jours de pain ; 4 jours de viande de conserve ; 4 jours de petits vivres ; 4 jours d'avoine.
Soit au total : 4 jours complets de vivres et d'avoine pour un corps d'armée et une demi-division de cavalerie.
Chacune des colonnes porte tous les vivres nécessaires aux troupes ; ainsi, d'après Balck, une colonne réglementaire à voitures à 2 chevaux porte 4 jours de vivres pour 3 bataillons, 1 escadron, 1 batterie : au total 27,000 kilogrammes ; le
ALlMENTAtlON EN CAMPAGNE. 698
poids de la charge d'une colonne auxiliaire est double : 34,000 kilogrammes.
Les colonnes de subsistances servent à ravitailler les trains régimentaires, à défaut de tout autre moyen. Elles se recomplètent par achats, réquisitions, ou par Tarrivée de vivres tirés de l'arrière.
Le ravitaillement en pain peut également s'effectuer au moyen des deux boulangeries de campagne affectées à chaque corps d'armée; chacune peut fournir en moyenne 28,000 rations de pain par 24 heures, en supposant qu'elle se déplace tous les 2 jours. Des colonnes spéciales aux boulangeries de campagne servent à les ravitailler en farine.
Y- — Service de PhablIIementt — Inspections administratives (i).
Le service de l'habillement, assuré en temps de paix par les corps de troupe et par les ateliers et magasins d'habillement, a un triple rôle i remplir :
à) Entretenir les approvisionnements de guerre ;
b) Assurer l'habillement et l'équipement de l'effectif du temps de paix par un emploi judicieux des fonds alloués à cet effet;
c) Constituer, au moyen d'une administration sage et économe, des collections d'effets utilisables en cas de guerre pour les formations auxquelles il n'a pas été alloué d'approvisionnements de réserve.
(i) Bekleidungsordnung, Règlement sur le service de rhabillement. Première partie du 12 février 1901. — Deuxième partie du 12 décembre 1895.
Diensianweisung fur die Bekleidungsœmter, Instruction pour les ateliers et magasins d'habillement, du 18 février 1897.
Bekleidungs Vorschrtft fur die Offiziere, etc. Instruction pour la tenue des officiers, etc., du 15 mai 1899.
Inttrukiion fur das Gesckclft der œkonomischen Miuterungen, Instruction pour les inspections administratives, du 3 février 1881.
Service dans les corps de troape.
Les effets qui doivent être entretenus au compte de l'habillement sont les suivants :
Effets d'habillement, de grand équipement, de petit équipement (chemises et chaussures) (1); le harnachement de la cavalerie (2) ; les tambours, clairons et trompettes ; les instraments de musique.
Constitution des approvisionnements, — Les effets composant les collections de guerre, Eiseme Bestànde, sont alloués aux corps par le ministère de la guerre soit en nature, soit au moyen d'une allocation en deniers à charge par eux de se les procurer. Les corps de troupe doivent conserver ces approvisionnements au complet et dans un parfait état d'entretien, de manière qu'ils puissent être utilisés immédiatement dans le cas d'une entrée en campagne.
En principe, on constitue des collections de guerre pour tout l'effectif du temps de paix ; les formations nouvelles n'en sont dotées que si les corps actifs n'ont pas d'excédents en effets susceptibles d'être emportés en campagne ou utilisables pour le service de garnison.
Les effets possédés par les corps, en plus des approvisionnements de réserve, constituent les collections du temps de paix. (Gebrauchsgarnituren). Les ressources nécessaires sont fournies : 1° par l'indemnité pour usure des effets, prime d'habillement; 2® par certaines indemnités fixées; 3® par une partie de la masse générale d'entretien ainsi qu'il a été déjà dit plus haut à propos des masses.
Le renouvellement se fait d'après le principe de la mise en service des effets de confection la plus ancienne, qui passent du service de guerre au service du temps de paix, et de leur
(1) Le caleçon, qui peut également servir de pantalon, est un effel d'habillement.
(f) Le harnachement de Tartillerie et du train leur est généralement fourni en nature par les établissements du train et de Tartillerie, soo entretien est assuré par la masse d'entretien de l'armement.
remplacement dans les collections de guerre par des effets de nouvelle confection.
Les corps de troupe efifectuent :
!• Les travaux de confection d'effets d'habillement que leurs ressources en ouvriers leur permettent d'entreprendre. Exception est faite pour le corps de la Garde dont tous les efTets d'habillement sont confectionnés dans le magasin et atelier d'habillement de la Garde, et pour les corps d'armée dans lesquels les ouvriers des corps de troupe (sauf les ouvriers des compagnies) ont été versés dans les magasins et ateliers d'habillement du corps d'armée ;
2* Us. achètent directement les instruments de musique (non compris les tambours, clairons, fifres et trompettes) et dans cet achat ils ne sont limités pco* aucune réglementation tant au point de vue de la forme que du choix des instruments ;
3** Dans la cavalerie ils confectionnent le harnachement, y compris les sacoches et étuis d'effets de campement, sauf dans le cas où ils leur sont délivrés par les établissements de l'artillerie.
En outre, ils doivent assurer l'exécution des réparations de tous les effets en service, habillement, chaussures, équipement et harnachement.
On voit donc, d'après ce qui précède, que les corps de troupe ne fabriquent aucun effet de chaussures, que leurs confections en effets d'habillement sont limitées au rendement de leurs ouvriers, que l'autorisation d'acheter des effets de grand équipement, tambours, clairons, trompettes, etc., ne leur est pas accordée. Tous ces effets leur sont fournis par les ateliers et magasins d'habillement ainsi qu'il sera dit plus loin.
Commission d'habillement du co?*ps. — L'unité administrative pour l'habillement est le régiment ou'le bataillon formant corps. Le service est dirigé par une commission d'habillement qui, sous la direction supérieure du chef de corps, est chargée de la gestion des fonds, de l'entretien des approvisionnements en effets d'habillement, d'équipement et de harnachement et de l'exécution réglementaire du service.
La commission d'un régiment se compose du deuxième officier supérieur de Tétat-major du régiment (lieutenantcolonel ou major) président, d'un capitaine, de un ou deux lieutenants et du payeur qui administre rétal>*major du régiment.
Dans les bataillons formant corps elle se compose d'un officier supérieur ou capitaine président, de un ou deux lieutenants et d'un payeur.
Un sous-officier garde-magasin est adjoint à la commission pour la surveillance des effets.
Chaque année la commission établit un projet de gestion, Wirtschaftsplan, spécial pour Thabillement et l'équipement. Ce projet donne la situation des effets à remplacer et le décompte des matières premières nécessaires, fait ressortir les dépenses qui en résultent et établit leur balance avec les receltes du corps.
En principe tout effet doit être remplacé par un efi'et similaire; toutefois, les corps peuvent, avec Tautorisation du général de division ou de la commission d'inspection adminis* trative (1), ne pas faire confectionner ou acheter ceux des effets dont il existerait en magasin des excédents aux besoins de la mobilisation, et employer les crédits ainsi disponibles à l'acquisition d'autres effets.
Les fonds dont dispose la commission d'habillement résultent des allocations suivantes :
1® Indemnité pour usure des effets, — Prime cThabillement. — Cette indemnité est calculée par année pour tous les hommes et chevaux de troupe d'après le prix et la durée réglementaire des effets (2).
Elle est perçue d'avance.
(1) Les aUributions de cette commission sont données à la suite du service de rhabillement.
(2) Voici quelques données sur la durée des efiets :
Tunique d'infanterie : sous-officier, 4 an 1/4; troupe, 2 ans d/2. Tunique de cavalerie : sous- officiers, 1 an ; troupe, 2 ans. Pantalon de drap, 1 an 1/4. Manteau, 6 ans i/2. Bottes d'infanterie, I an 2 mois. Chemise, 6 mois.
Remarquons de suite que la durée des tuniques, dolmaus, etc., délivrés aux sous-ofûciers, est fixée à la moitié de celles des hommes, que celle des autres efîels est diminuée d'un tiers : de plus, pour que leurs chaussures soient en meilleur état, il leur est alloué une indemnité dite BekleidungsztÀSchiiss^ s'élevant mensuellement à 2 fr. 20 pour les sousofficiers de cavalerie, d'artillerie de campagne et du train; à 0 fr. 95 dans les armes non montées.
2** Indemnité pour frais accessoires (Nebenkosten)^ s'éle* vaut par an et par homme à K fr. 875, et dont le montant est destiné à payer les modèles-types, les registres de l'habilleaient, les manteaux de sentinelles, les boutons distinctifs de grades, les plaques d'identité, les effets des cuisiniers.
3^ Certaines allocations fixes {Patischsummen) destinées à Tentretien :
a) Des tambours, clairons, fifres, trompettes et de leurs
accessoires, à raison de 7 fr. 20 par tambour, 1 fr. 87 par clairon et fifre, 3 fr. 45 par trompette ;
b) Des instruments de musique : 4500 francs par régi-
ment d'infanterie, 500 francs par bataillon formant corps ;
c) Des bridons d'abreuvoir et cordes à fourrages :
75 francs par an par régiment de cavalerie, i 5 francs par escadron de chasseurs à cheval ;
d) Des appareils de cuisine collectifs (pour 10 hommes)
de l'artillerie à pied et du train : 1 fr. 25 par appareil et par an.
. i^ L'allocation de la masse générale d'entretien (voir plus haut : Masses).
5* Les indemnités spéciales aux hommes des réserves convoqués.
Fonds gérés par la commission d'habillement. — Les fonds provenant de ces diverses allocations servent à constituer les fonds suivants :
Fonds de rhabilleraent ;
Fonds de l'équipement ;
Fonds de la musique ;
Fonds d'économie; dont ]a gestion incombe à la commission.
Les ressources des fonds de Thabillement et des fonds de l'équipement doivent être gérées séparément, aucun virement n'est autorisé.
Les fonds de l'habillement ont un double but : ils servent d'abord à subvenir aux dépenses résultant de tous les remplacements et frais d'entretien de l'effectif normal. Lorsque l'arrêté des comptes annuels fait ressortir un excédent, celui-ci peut, avec autorisation de la commission d'inspection administrative, être passé aux fonds d'économie. Les fonds de l'habillement servent également à subvenir aux dépenses occasionnées par l'habillement d'hommes en sus de l'effectif normal, ou d'hommes convoqués pour une période d'instruction. Le reliquat de cette partie des fonds ne passe pas en fin d'exercice aux fonds d'économie, mais est reporté en avoir à l'exercice suivant.
Le fonds d'équipement, absolument distinct du précédent, ne doit servir qu'à l'achat et l'entretien de l'équipement. L'avoir qui existerait en fin d'année est passé à l'exercice suivant.
Le fonds de musique est constitué par l'allocation fixe qui lui est allouée annuellement, par les économies sur la solde des musiciens absents ou manquants, les dons et les versements volontaires faits en général par les officiers. Éventuellement il peut recevoir des secours sur les fonds d'économie. Les dépenses comportent l'achat des instruments, des partitions, etc., et le payement d'indemnités spéciales aux musiciens.
Le fonds d'économie est à la disposition du chef de corps : il est alimenté par les économies du fonds de l'habillement (1" partie) et par la vente des effets et instruments hors de de service. Il est destiné à accorder d'abord des secours pour la constitution des effets d'habillement et d'équipement en déficit; ensuite il peut servir à faire les acquisitions qui, sans être réglementaires seraient toutefois utiles en campagne, puis à améliorer la tenue des sous-officiers, à acheter des machines
pour les ateliers régimentaires, à fournir des suppléments aux militaires détachés du corps, aux familles des soldats et enfln à secourir le fonds de musique du corps.
Exécution du service. — Ainsi qu'il a été dit plus haut, les corps confectionnent les effets d'habillement d'après leurs ressources en ouvriers ; tout le reste du travail est confié aux ateliers et magasins d'habillement qui fournissent également les matières premières, coupées ou non, les effets de grand équipement qui doivent être livrés confectionnés par Tentrepreneur, ainsi que les tambours, clairons, etc.
Les régiments de cavalerie confectionnent également le harnachement, à moins qu'il ne leur soit fourni tout fait, ou que les matières premières ne leur soient délivrées par des établissements de l'artillerie.
Pour ces confections, les corps de troupe disposent d'un certain nombre d'ouvriers tailleurs {Oekonomie-Eandwerker) , et en plus, des ouvriers selliers dans la cavalerie. Ces ouvriers, au nombre de M à 1 3 par régiment d'infanterie, sont des hommes incorporés pour le service non armé : à la mobilisation, il passent soit au dépôt, soit à l'atelier du corps d'armée. Ils sont dirigés dans leur travail par un sous-officier, désigné parmi les sous-officiers du rang, qui prend le titre de chef d'atelier ou coupeur, et reçoit une indemnité fixée à 0 fr. 375 par homme de l'effectif et par an.
Les ouvriers reçoivent, outre leur solde, une indemnité de travail par effet confectionné (1) : sur cette indemnité ils ont à fournir les aiguilles, ciseaux, dé à coudre, cire.
Les travaux se font dans des ateliers situés dans les casernes, ou loués, meublés, éclairés et chauffés par les soins de l'administration de garnison. Le chef d'atelier a la direction et la surveillance du travail ; il est de plus chargé de la coupe des matières premières : il tient des registres de coupe et d'effets confectionnés, sur lesquels sont portées toutes les
(1) Voici quelques prix : 2 fr. 12 par tuaique, 1 franc par pantalon, ^ fr. 42 par manteau, 1 fr. 25 par vareuse.
entrées et sorties, ainsi que les résultats des coupes qu'A a effectuées.
La commission d'habillement tient un registre spécial pour las matières premières et pour les effets coofectionQés soit au corps, soit à l'extérieur, qui n'ont pas encore été coatrôiés et acoeptés par la commission d'inspection administrative.
Toutes les matières premières reçues sont portées en avoir, les sorties proviennent des distributions faites soit aux bataillons pour réparations, etc., soit au coupeur, dont le registre doit être en concordance avec oelui de la commission.
Tous les effets arrivant au corps ou oonfectionnés par lui sont vérifiés ; s'ils sont trouvés conformes aux modèles-types, ils sont timl>rés d'un cachet de réception et portés au registie spécial.
Lorsqu'ils ont été examinés et acceptés par la commissioa d'inspection administrative, ils sont timbrés à la date de l'année de l'inspection, sont portés en sortie du registre spécial et en entrée sur le registre du magasin du corps. Ils comptent à partir de ce moment dans les approvisionnements réglementaires du corps. Comme Tiospection administrative ne se produit que tous les deux ans, les effets reçus au cours de l'année où elle n'a pas lieu sont timbrés à la date de l'année de confection et peuvent même être distribués, mais doivent être représentés à la commission administrative.
Le registre du magasin du corps doit faire ressortir exactement les effets qui y sont déposés, et ceux qui sont entre les mains des diverses unités.
Commission d'habiliement de inUaiHon^ etc. — Indépendamment de la commission du corps, il existe dans chaque bataillon, ou groupe d'artillerie faisant partie d'un régiment, une commission d'habillement de bataillon ou de groupe, composée d'un capitaine, d'un lieutenant et du payeur; soos la direction du chef de bataillon, responsable, elle est chargée de conserver et d'administrer les approvisionnements confiés au bataillon.
La commission du régiment ne conserve diaos son magasMi^
en dehors des matières premières et des effets non encore acceptés, que les approvisionnements nécessaires aux troupes de dépôt et aux Formations spéciales dont la création incombe au corps lors de la mobilisation, mais seulement dans le cas où ils se composent de collections de guerre et ne doivent pas être constitués au moyen de collections du service courant susceptibles de faire un bon service.
Les commissions de bataillon gèrent les collections de guerre du bataillon et sont chargées de fournir les effets nécessaires aux compagnies et batteries d'après les ordres du chef de corps. Elles sont assistées d'un sous-officier gardemagasin et tiennent un registre de Thabillement qui doit faire ressortir la situation : l'* en effets de l'approvisionnement de réserve ; 2? en effets utilisables en campagne et en effets utilisables en garnison qui se trouvent entre les mains des compagnies et batteries.
Au moment de leur réception les effets sont marqués du timbre du bataillon.
Approvisionnements des escadrons y batteries , compagnies. — Dans les régiments de cavalerie et les bataillons formant corps, le chef de corps détermine, d'après les nécessités de la mobilisation, le nombre de collections de guerre qui doivent être, dès le temps de paix, déposées dans les magasins des escadrons et compagnies.
Dans rartillerie de campagne, les collections de guerre sont, d'après les nécessités de la mobilisation, réparties entre l'état-major du régiment, les groupes et les batteries ; des mesures analogues sont prises dans l'infanterie.
Toutes les collections du temps de paix sont entre les mains des compagnies, escadrons, batteries; leur entretien et leur conservation incombent aux commandants de ces unités. Les effets sont timbrés à la date de l'année de réception dans l'unité et reçoivent enOn un timbre qui indique le numéro de la collection : timbre qui est modifié au fur et à mesure que l'effet passe dans une collection moins bonne.
Le chef de corps détermine le nombre de collections qui doit être laissé entre les mains des hommes, les autres sont
déposées au magasiD de la compagnie, elc. Un sous-ofBcier garde-raagasin est chargé de leur entretien.
Dans chaque compagnie, escadron ou batterie, on tient un registre d'habillement mentionnant toutes les entrées et sorties et faisant ressortir les effets entre les mains des hommes ou déposés au magasin. Les effets en excédent, ceux capables d'être emportés en campagne ou de suffire à un service de garnison doivent être indiqués séparément.
Les travaux d'entretien et de réparation sont exécutés dans Tintérieur des compagnies par un tailleur et un cordonnier {Flickhandwerker) pris parmi lés soldats de la compagnie et auxquels on peut adjoindre, le cas échéant, d'autres soldats sachant travailler. Le capitaine leur paye, sur les fonds de la masse générale d'entretien qui lui sont alloués, une indemnité au moyen de laquelle ils doivent acheter certains objets, tels que : aiguilles, ciseaux, dés, tranchets, etc.
Remplacements, — Les effets sont remplacés en nature lorsqu'ils sont hors de service, mais à condition, toutefois, qu'ils aient accompli leur durée réglementaire. L'exception faite pour la durée des effets des sous-officiers et l'allocation d'une indemnité spéciale pour leurs chaussures ont déjà été signalées plus haut.
De plus, les sous-officiers et les rengagés deviennent propriétaires de leurs effets de petit équipement (chaussure et linge de corps) dès que ces effets ont atteint leur limite de durée ; toutefois, les bottes à tiges hautes ne leur appartiennent qu'après un ressemelage. S'ils arrivent par ce moyen à avoir leurs effets de petit équipement au complet et en bon état, ils peuvent, au lieu de recevoir en nature les effets dûs, percevoir leur valeur en argent ; la même mesure est applicable aux aspirants officiers.
Les sous-officiers employés comme archivistes dans les états-majors de corps d'armée, dans les inspections générales, ou comme bedeaux de garnison, ceux qui sont détachés comme stagiaires dans une administration civile ou qui sont en permission pour chercher une position civile, peuvent, lorsqu'ils sont autorisés à revêtir la tenue bourgeoise, rece-
voir en deniers la prime d'habillement au lieu de percevoir les effets en nature.
En résumé, les corps de troupe assurent leurs besoins en habillement, équipement, etc., au moyen des ressources qui leur sont allouées sous forme de primes ou d'allocations fixes. Une commission d'habillement de régiment administre tout l'ensemble du service, fixe les besoins, reçoit les effets et les répartit entre les bataillons. Ceux-ci, sous la direction d'une commission de bataillon, conservent en principe, dans leurs magasins, les collections de guerre, les renouvellent et assurent les besoins des compagnie^ qui n'ont qu'exceptionnellement les collections de guerre pour tout leur effectif et s'occupent surtout de l'entretien des collections du temps de paix ; ces dernières sont entre les mains des hommes ou déposées dans les magasins de compagnie.
Comme agents comptables on trouve les payeurs et les sergents-majors des compagnies et comme agents d'exécution, les sous-officiers gardes-magasins. Ceux des compagnies ont, pour les réparations et l'entretien, deux ouvriers de compagnie ; celui du régiment, chef d'atelier, a des ouvriers hors rang, qui, dans les limites du travail qu'ils peuvent fournir, confectionnent les effets d'habillement. Pour le reste, les corps de troupe s'adressent aux ateliers et magasins d'habillement dont nous allons résumer le fonctionnement.
Les ateliers et magasins d'habillement (Bekleidungs&mter) .
Attributions. — Les ateliers régimentaires étaient autrefois seuls chargés de la confection de tous les effets d'habillement et d'équipement. On ne tarda pas à s'apercevoir qu'ils seraient insuffisants à fournir les effets nécessaires, surtout les chaussures, étant donnés l'augmentation constante des effectifs et l'accroissement des nouvelles formations à créer en temps de guerre. Aussi on organisa peu à peu, dans certains corps d'armée, des ateliers de réserve régionaux, Korps- Reservewerkstàtten, dotés d'un outillage perfectionné et qui devaient suffire à assurer tous les besoins, y compris ceux de
la mobilisation. La direction de ces ateliers était confiée à la commission d'habillement de certains régiments.
Le budget de 1887-88 accorda les crédits nécessaires pour augmenter les ateliers de réserve déjà existants et pour en créer six nouveaux dotés d'un outillage mécanique. Enfin, à partir du !•' avril 1888, chaque corps d'armée devait successivement être doté d'un atelier et magasin d'habillement régional dénommé Korps-Bekleidungsamt (I).
Leurs attributions étaient les suivantes :
Direction des ateliers de réserve ; achat et distribution des draps et des cuirasses ; achat du linge pour les casernes et les hôpitaux ; fourniture, aux corps qui en faisaient la demande, des toiles de fil et de coton, du cuir, des autres matières premières et d'effets d'habillement et d'équipement confectionnés.
Le personnel comprenait : un officier supérieur en retraite, directeur, un capitaine en retraite et des employés.
Peu à peu ces établissements prirent une importance considérable; leur sphère d'action fut augmentée et ils furent chargés :
à) De confectionner toute la chaussure nécessaire à l'armée ;
b) De confectionner tous les effets d'habillement pour les corps de troupe dans le cas où ces derniers ne pourraient les faire exécuter dans leurs ateliers, ou bien de procéder à la coupe de ces effets et de les faire terminer soit dans des prisons civiles ou militaires, soit par des entrepreneurs;
c) D'assurer aux troupes la fourniture de tous les effets que l'entrepreneur doit livrer confectionnés, tels que habillement et équipement des hommes, tambours et clairons, etc. ;
d) D'assurer la fourniture du linge pour les casernes, les hôpitaux et les établissements d'instruction ;
e) De procurer aux établissements de. cadets les draps nécessaires.
(i) Acluellement tous les corps en possèdent, sauf les XVill* et Ili' bavarois.
ATELIERS ET MAGASINS d'HABILLEMENT.
Ces attributions sont encore actuellement celles des ateliers et magasins d'habillement, dont la déDomination officielle depuis 1897 est : Bekleidungsamt.
Personnel. — La direction de ces établissements, primitivement confiée à des officiers en retraite, ne parut plus être sufQsamment assurée, étant donnée l'activité physique et intellectuelle qu'exigeait du personnel dirigeant l'augmentation de ses attributions. Aussi, en 1897, les officiers en retraite furent remplacés par des officiers actifs et la composition du personnel fut réglée ainsi qu'il suit :
a) Officiers.
1 officier supérieur avec les allocalioDs d*ua commandant de régiment, directeur.
1 officier supérieur.
2 capitaines (6 dans la Garde et 3 dans • le XI« corps).
1 comptable.
h) Employés supérieurs. | ^ '^^^^^^, ,dj„i„j,.
fi chef emballeur.
c) Employés subalternes, j 1 mécanicien.
( 2 garçons de magasin.
d) Section d'ouvriers, composée ainsi qu'il suit :
Aspirant-payeur
Sergent-major
Sergeais secrétaires
Sergents cordonniers
Sergeott tailleurs
Chefs d'escuuade, etc. j Sergents. . . . fii h garde-magasin. \ Sous-officiers
Cordonniers
Tailleurs
Serruriers, me'ca ci irions
Menuisiers, tonnelier
Tanneurs, corroyeurs
Totaux
GARDB
ET XI« COKN.
SoatoSciera.
Soldats.
▲DTRBS CORPS
e) Hommes détachés h la section d'ouvriers :
1 aspirant-payeur ;
1 ordonnance pour chaque officier ;
1 planton:
2 cuisiniers, lorsqu'un ordinaire est organisé.
En plus, lorsque les nécessités du service Texigent, le personnel peut être augmenté de secrétaires adjoints et d'ouvriers civils pris à la journée.
Les officiers du service de rhabillement font partie des officiers en activité et forment, au point de vue de Tavanceluent, un corps spécial d'officiers, les officiers des magasins et ateliers d'habillement {Offiziere der Bekleidungsàmler). Ils sont nommés dans leur emploi par l'Empereur, sur listes de présentation qui ne comportent, en principe, que des capitaines (1).
Leur nomination est précédée d'un stage de six mois.
L'officier supérieur, directeur de l'établissement, a les droits et les attributions d'un chef de corps, dont il touche d'ailleurs le traitement. Son autorité s'exerce sur tout le personnel ; il est responsable de l'exécution du service et de l'instruction du personnel sous ses ordres.
Lofficier supérieur seconde le directeur dans la surveillance du service ; il doit en connaître tous les détails de manière à pouyoir le remplacer en cas de besoin.
Les capitaines sont chargés de la surveillance des ateliers de tailleurs et de cordonniers; ils doivent alterner de manière à connaître tout le service ; le capitaine chargé de l'atelier de cordonnerie est en même temps chef de la section d'ouvriers.
Les employés supérieurs sont chargés de toute la comptabilité : le comptable remplit les fonctions de chef de bureau ; la commission de la caisse de l'établissement se compose du comptable et du plus ancien comptable adjoint.
(i) Les capitaines nouvellement promus dans l'emploi, doivent aller passer trois jours dans une fabrique de draps et de toiles, et deux jours dans une tannerie.
ATELIERS ET MAGASINS D'hABILLEMENT. 709
Section d'ouvriers. — Les aspirants-payeurs du service de rhabillement sont désignés par le général commandant le corps d'armée, les maîtres ouvriers et autres sous-ofûciers par le directeur qui peut, à cet effet, rengager même des ouvriers pour les faire arriver maîtres ouvriers. Les ouvriers sont recrutés parmi les jeunes gens de la classe désignés pour le service non armé ; on doit les choisir exclusivement parmi les hommes vigoureux en raison du service pénible qu'ils ont à fournir.
Le directeur peut nommer huit d'entre eux premiers ouvriers cordonniers et deux premiers ouvriers tailleurs { Vorarbeiter).
Les maîtres ouvriers et sous-officiers secrétaires touchent tous la solde de sergent.
L'aspirant-payeur et le sous-officier garde-magasin peuvent recevoir des indemnités s'élevant jusqu'à 37 fr. 30 par mois.
Outre leur solde de sergent, les maîtres ouvriers touchent : i^ une indemnité annuelle progressive qui, partant de 750 francs, atteint au bout de six ans un maximum de 1125 francs; 2® une prime de coupe pour chaque efTet ; 3® une rémunération de 1 pour iOO de la valeur des effets confectionnés.
Outre leur solde, les premiers ouvriers touchent une indemnité de 1 fr. 87 par mois. Il est alloué en outre, à tous les ouvriers, une prime de travail par effet confectionné ; voici le montant de quelques-unes de ces primes :
Tunique de la garde 1 fr. 02, tunique de la ligne 0 fr. 89, pantalon de drap 0 fr. 33, manteau 0 fr. 79, bottes de cavalerie 0 fr. 37, bottes d'infanterie 0 fr. 25, brodequins 0 fr. 19.
Approvisionnements et confections.
Le rôle des ateliers et magasins d'habillement est double : ils doivent d'abord créer et entretenir certains approvisionnements et ensuite venir en aide aux ateliers régimentaires : 1® en fabriquant toute la chaussure; 2' en coupant ou en confectionnant les autres effets que les corps ne pourraient terminer avec leurs ressources.
La quotité des approvisionnements à entretenir dans
chaque établissement en draps, toiles, cuir, linge, fournitures diverses, tant au titre du service^ de réserve qu'à celui du service courant, est déterminée par le ministère de la guerre, (département de l'administration de l'armée, section de l'habillement).
L'action du ministère s'exerce par l'intermédiaire des intendances de corps d'armée (3^ bureau^ habillement) qui sont chargées du contrôle des fonds, de la comptabilité et. de la surveillance des établissements en tout ce qui concerne l'applicatioQ des règles administratives.
Les fonds nécessaires à l'exploitation sont mis à la disposition des ateliers et magasins d'habillement par les caisses régionales par avances et sous forme de compte courant. Le montant des crédits dont ils disposent est déterminé par la répartition des crédits globaux du service de l'habillement accordés par le budget et les crédits spéciaux qui peuvent être attribués à chaque établissement.
Le droit de conclure des marchés appartient au directeur, sauf pour le drap dont le ministère de la guerre s'est réservé la faculté d'assurer la fourniture.
En principe, pour le drap comme pour les autres fournitures, on ne doit admettre que des produits allemands et s'adresser autant que possible au producteur lui-même sans passer par des intermédiaires. Certains magasins et ateliers d'habillement, spécialement désignés par le ministère de la guerre, sont tenus d'effectuer leurs achats de cuir à des syndicats de tanneurs, les autres sont libres de se le procurer où ils le jugent convenable.
Les effets de linge et de literie nécessaires aux casernes et aux hôpitaux sont acquis dans les limites fixées par l'intendance du corps d'armée, qui seule esta même de juger exactement des besoins ; les marchés sont passés par le directeur du magasin d'habillement.
Tous les achats se font directement ou par adjudication dès que l'achat dépasse 625 francs.
L'adjudication à concours restreint doit être employée de préférence, car, surtout dans les grosses commandes, ce mode de fourniture facilite beaucoup le contrôle.
L'adjudication libre ne doit être employée que si l'autre procédé n'a pas donné de résultats, si le nombre des entrepreneurs capables de fournir n'est pas sufGsamment connu, si l'on espère obtenir des conditions de prix très avantageuses ou enfin si l'on veut se faire une idée d'ensemble des prix et de la puissance de rendement des fournisseurs intéressés.
Les paiements sont effectués par les ateliers et magasins d'habillement [au moyen de chèques sur les caisses de l'État.
Confections. — Pour l'exécution des travaux qui leur sont confiés, les ateliers ont été dotés de machines-outils perfectionnées.
Les frais d'entretien de tout ce matériel sont payés au moyen d'une majoration (fixée par le règlement) que l'on fait subir au prix de chaque effet confectionné. Les demandes d'achats importants en machines et outils sont adressées au Ministre, qui statue et fournit les crédits nécessaires; des fonds spéciaux alloués annuellement à cet effet servent à l'entretien du reste du matériel : ustensiles employés à la manutention, agencement des magasins, bureaux, etc. L'entretien des bâtiments est assuré par l'administration de garnison.
La réforme des machines est prononcée par le Ministre, celle du restant du matériel par la commission d'inspection administrative qui statue également sur son remplacement, sauf dans les cas où la dépense ne dépasse pas 62 fr. 50 ; le directeur a le droit de prescrire les achats ne dépassant pas cette somme.
Les corps de troupe font connaître chaque année leurs besoins en effets confectionnés et autres fournitures. C'est d'après cette base que le directeur établit le projet d'exploitation de l'établissement et que les capitaines organisent le travail de leurs ateliers respectifs.
Pour les effets d'habillement, on commence toujours par opérer la coupe des effets, dans l'ordre suivant : effets de drap, de coutil et de toile. Ce travail terminé, on n'entreprend la confection des effets que lorsque les besoins de la section d'ouvriers et de certaines formations spécialement désignées
ont été assurés. La confection commence, dans ce cas, par les tuniques, dolraans, etc., puis continue par les manteaux, les vareuses, etc.
Les travaux de couture qui ne peuvent être effectués dans Vatelier, sont envoyés dans les prisons militaires et civiles; le règlement répartit ces établissements entre tous les corps d'armée. Le travail est payé à la pièce; les prix de quelques effets sont les suivants :
Prison militaire. Prison cirile.
fr. c, fr. c.
Taniqae de la Garde 1 ,69 2,82
— de la ligne 1,56 2,80
Pantalon de drap 0,63 0,94
Manteau 1,38 1 ,94
Ces travaux de couture peuvent également être donnés à des couturières (de préférence à des femmes de soldats ou à des sociétés de couture) ou à des ouvriers civils. Mais ces aides ne doivent être employés que s'ils consentent à faire l'ouvrage à des prix inférieurs à ceux payés dans les prisons, majorés toutefois des frais d'expédition.
Tous les travaux de cordonnerie sont exécutés dans l'atelier de rétablissement, une seule exception est tolérée: la couture des tiges de bottes de la cavalerie, qui peut être faite au dehors.
Le règlement prescrit d'apporter la plus grande attention dans la coupe du cuir : elle doit être faite le plus économiquement possible, et toutes les parties doivent être rigoureusement conformes aux modèles-types. Le résultat de la coupe des cuirs est enregistré comme d'ailleurs celui de la coupe des draps.
Les effets d'habillement et d'équipement confectionnés par les fabricants, etc., sont livrés directement par ceux-ci aux corps de troupe, sauf les chemises et les caleçons de tricoL, les gants de cuir, les ustensiles en aluminium et les tentes, les fournitures spéciales telles que soutaches, boutons, etc., accessoires de couture et de cordonnerie, ingrédients divers, qui sont envoyés d'abord au magasin pour y être vérifiés.
Dans les fournitures de casques, havresacs, musettes et cartouchières, les corps doivent prélever un effet par centaine et les adresser au magasin pour qu'ils soient visités et contrôlés. Dans le cas de contestation entre les corps et le magasin, la décision appartient au général commandant le corps d'armée qui, s'il le juge convenable, prend Tavis d'une commission composée d'un officier supérieur président, d'un fonctionnaire de l'intendance et de deux membres idoines, fabricants ou commerçants.
Comptes de gestion, — Toutes les opérations des établissements sont portées au grand-livre, qui est la base du compte annuel de gestion des matières et objets confectionnés.
Le grand-livre comprend six chapitres distincts :
i^ drap ; 2° toiles, chemises et caleçons de tricot; 3<* linge, literie des casernes et des hôpitaux ; 4® cuir et effets confectionnés; 5® accessoires et fournitures diverses; 6® décorations pour hommes de troupe.
Des registres distincts servent à l'établissement des comptes du matériel, de l'éclairage, du chauffage, etc. De plus, dans les ateliers, on lient des registres spéciaux pour l'entrée et la sortie des matières premières, pour les résultats de la coupe, pour les vérifications et contrôles, les déchets, les travaux effectués.
Les comptes-deniers sont réglés par trimestre avec la caisse régionale, et vérifiés par l'intendance.
En fin d'année, le règlement s'effectue avec la caisse régionale et les corps de troupe : le compte de ces derniers est établi par la balance de leurs allocations et les livraisons effectuées.
Le compte annuel est envoyé chaque année à Tintendance, il comprend :
a) Le compte-deniers ;
b) Le compte des recettes et dépenses en effets d'habille-
ment et matières premières ;
c) Le compte du matériel d'emballage ;
d) Le compte de l'éclairage, du chauffage, des dépenses
d'entretien ;
e) Le compte du matériel ;
/) La situation des modèles-types (entrées et sorties). Après avoir été arrêté par l'intendance, le compte annuel est adressé à la Cour des comptes.
L'organisation des ateliers et magasins d'habillement procure aux corps de troupe des avantages que ceux-ci ne pourraient obtenir, tant pour les prix que pour la qualité des fournitures.
Ces avantages résultent du fait que ces établissements opèrent en grand, disposent d'un personnel idoine, possédant des connaissances spéciales et qui, de plus, est tenu de rechercher, pour les achats, les maisons les plus sûres et les plus recommandables, de se tenir au courant des variations de prix de toutes les matières premières.
Renforcés par une partie des ouvriers des corps et surtoat par des réservistes, ces établissements répartis sur tout le territoire de l'Empire, pourront, à la mobilisation, suffire aux besoins de Tarmée tout entière, principalement en ce qoi concerne les fournitures de chaussures. Il résulte de renseignements fournis par la presse, que les essais, faits en 1898, ont été concluants. On a fait venir à Berlin 1200 cordonniers pris dans 18 corps d'armée : partagés en deux équipes, ces ouvriers ont travaillé jour et nuit et sont arrivés à confectionner par jour 2,500 paires de chaussures, consistant en bottes pour l'infanterie et la cavalerie.
La main-d'œuvre militaire qui est employée dans les ateliers prive, il est vrai, les corps de troupe des meilleurs ouvriers; aussi depuis 1900, des essais sont entrepris dans la Garde, les Vl^et VII® corps pour utiliser dans ces établissements la maind'œuvre civile. Le Ministre de la guerre a déclaré au Parlement que les résultats obtenus avaient été excellents, aussi a-t-il demandé et obtenu qu'en 1902, la main d'œuvre civile remplacerait, à titre définitif, la main-d'œuvre militaire dans les ateliers et magasins du Vl*' corps ; l'extension de cette mesure aux autres corps d'armée entraînera un accroissement de dépenses notable ; la question ne pourra donc être réglée que par une augmentation de crédits.