LES EXERCICES OU MANŒUVRES
Les exefxices et les manœuvres sont donc finalement l'école où les gradés — à tous les degrés de la hiérarchie — trouveront Toccasion d'appliquer les connaissances acquises dans leurs études ou leurs travaux antérieurs.
Aux termes du Règlement sur le Service en campagne (2® partie) (1), les armes principales — infanterie, cavalerie, artillerie de campagne — exécutent d'abord séparément :
1® Des exercices de régiment, d'une durée : à) De 5 jours ou de 7 jours pour les régiments d'infanterie, suivant que leurs éléments sont réunis — ou non — dans une même garnison ;
b) De 10 jours pour les régiments de cavalerie ;
c) De o jours pour l'artillerie de campagne. 2® Des exercices de brigade, d'une durée :
De 5 jours pour l'infanterie ; De 6 jours pour la cavalerie ; De 3 jours pour Tartilierie de campagne.
Ces exercices ont lieu, en principe, dans des camps d'instruction ; ils comportent des tirs réels aussi bien pour l'artillerie de campagne que pour Tinfanterie.
Les différentes armes, après leurs évolutions particulières, se réunissent pour exécuter des manœuvres, d'une durée de iO jours, comprenant :
1^ Des manœuvres de brigade, celles-ci sont dirigées par des commandants de brigades d'infanterie, de cavalerie ou d'artillerie.
Chaque brigade d'infanterie, après adjonction des autres armes, est divisée en deux partis qui manœuvrent l'un contre l'autre ;
(\) Le règlement allemand sur le service en campagne comprend deux parties: la l'^ traite du service en campagne proprement dit: ordres, marches, avant-postes, etc. ; la ?• donne des prescriptions générales relatives à rexécallon des manœuvres. ^
342 CHAP. Vï. — LES CENTRES D'INSTRUCTION : LES CORPS.
2^ Des manœuvres de division^ dirigées par le commandaot de la division ; 3* Des manœuvres de division contre un ennemi figuré; it^ Des manœuvres de corps d^ armée.
La répartitioQ des journées de manœuvres est faite par le commandant de corps d'armée, qui peut adopter Tune des combinaisons suivantes :
Maoœurres de brigade
Manœuvres de dirision
Manœuvres de division contre an ennemi fignré
Manœuvres de corps d'armée
Total du nombre do journées.
JODIKÉES DB MAXGBUTBES.
Une des manœuvres de corps d'armée peut être une manœuvre de corps d'armée contre un ennemi flguré.
Les corps d'armée qui prennent part aux manœuvres impériales disposent seulement de :
3 journées de manœuvres de brigade ; 3 journées de manœuvres de division.
Ils passent ensuite la revue de corps d'armée ou parade^ et exécutent plusieurs journées de manœuvres — 4 à 6 — devant le souverain.
Certains régiments de cavalerie, désignés chaque année, exécutent des manœuvres spéciales (3 jours d'évolutions de brigade, 6 jours de manœuvres de division après adjonction de deux batteries à cheval) ; ces manœuvres se font dans les camps d'instruction.
D'après un tableau, annexé au Règlement et donnant un
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exemple de répartition de l'emploi du temps pour les exercices et manœuvres d'un corps d'armée pendant l'été, les troupes resteraient absentes de leur garnison :
Dans l'infanterie, en moyenne pendant i mois (de 26 à 37 jours) ;
Dans la cavalerie, en moyenne pendant 1 mois 4/2 (de 40 à 60 jours) ;
Dans l'artillerie de campagne, en moyenne pendant 4 mois i/4 (de 35 à 42 jours).
Dans ces totaux sont compris les jours de marche, leis dimanches et les jours de repos.
lY. — Les camps d'Instruction.
La nécessité de grands terrains d'exercice se fit sentir lorsque, vers 1876, les progrès de l'armement, l'éducation de l'homme au point de vue de l'emploi de l'arme et du terrain conduisirent à faire manœuvrer et tirer les troupes sur des terrains plus étendus que les places d'exercice, stands ou polygones mis à leur disposition. C'est alors que les Allemands imaginèrent les terrains éventuels de tir^ à^ proximité des garnisons.
Les nombreuses indemnités dues aux habitants et aussi les dimensions trop restreintes des polygones d'artillerie amenèrent l'autorité allemande à demander au Reichstag, en 1883, des crédits pour l'agrandissement des polygones et pour leur aménagement en vue de recevoir des troupes des trois armes. Celles-ci devaient pouvoir être amenées à ces polygones par les voies ferrées, de manière à ne pas interrompre le cours normal de leur instruction; elles y seraient baraquées ou campées à pied d'œuvre, de façon à utiliser le plus possible le temps disponible pour les exercices de tir ou les manœuvres. Au moyen des crédits accordés, huit polygones déjà existants furent agrandis et aménagés ; deux nouveaux (Gruppe, Hammerstein) furent créés.
Là où les polygones agrandis ne pouvaient suffire aux besoins de l'instruction, l'autorité militaire réclama la créa-
tion de camps (^instruction. Les premières demandes de crédits apparaissent au budget de 1894 et 1892 pour rétablissement de camps destinés aux Vil* et X* corps. L'exposé des motifs, reprenant les arguments déjà donnés dix ans auparavant, disait que la conduite des troupes devenait de jour en jour plus difficile et délicate, et que pour les y préparer, les exercices et les tirs de combat en terrain varié étaient de plus en plus nécessaires en temps de paix. Or l'utilisation des terrains variés ordinaires entraîne à des frais considérables; il était donc indispensable de créer de grands camps d'instruction, où toutes les armes pussent manœuvrer et se préparer à la guerre dans des conditions voisines de la réalité et cela sans frais pour le Trésor.
L'organisation des camps d'instruction s'est poursuivie depuis cette époque ; actuellement ils sont au nombre de vingt, en y comprenant les polygones d'artillerie agrandis ou aménagés. Des projets sont à l'étude pour doter de camps les corps d'armée qui en manquent, ou qui en possèdent de trop exigus, de sorte que, dans un avenir peu éloigné, chaque corps d'armée allemand possédera au moins un camp d'instruction.
Leur but est nettement spécifié dans le Règlement du 7 juillet 1897 : ils sont destinés à toutes les armes et celles-ci doivent y manœuvrer comme en campagne. Tous les tirs, tous les exercices de régiments et de brigades qui ne peuvent être exécutés dans le voisinage des garnisons pour raison d'économie ou faute d'espaces suffisants, sont faits dans les camps d'instruction.
Le Règlement cite comme exemples :
a) Dans l'infanterie et la cavalerie :
Les tirs de combat; les exercices de régiment et de brigade, prescrits par le service en campagne; les exercices en campagne avec armes combinées ; les manœuvres spéciales de la cavalerie.
b) Dans l'artillerie de campagne :
Les exercices et tirs réels de combat en terrain varié, et
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par exception les écoles à feu pour les unités qui ne disposent pas de polygones.
En réalité, depuis la transformation de la plupart des polygones en camp d'instruction, peu de corps d'armée possèdent à la fois les deux terrains d'exerciceé. Mais même pendant la période des écoles à feu, les camps d'instruction ne sont pas à la disposition exclusive de Tartillerie de campagne; ils doivent pouvoir recevoir une brigade d'infanterie ou de cavalerie en plus de la brigade d'artillerie. (Budget de 1901, demande de crédits pour l'agrandissement des camps d'instruction) .
Le tableau placé à la fin de ce chapitre donne le détail des crédits annuels, alloués depuis 1883, pour la création des camps d'instruction ou la transformation des polygones d'artillerie.
L'examen de ce tableau montre que l'Allemagne a dépensé, pour la création ou l'aménagement des camps d'instruction, près de 137 millions {i).
Les prix de revient dans les différents corps d'armée sont très variables, suivant la dimension des camps, la valeur du terrain, les difficultés d'aménagement, etc.
Les camps d'instruction de la Garde et du XII® corps, reviennent déjà à plus de 12 millions de francs chacun.
Les dépenses prévues pour les camps actuellement à l'étude ou en cours d'aménagement sont estimées à :
(1) A ce chiffre il faut ajouter une somme de 5,559,000 francs, total des crédits alloués pour Texercice 1902 et se décomposant de la façon saivante : Arys, 458,750 francs ; camp du V« corps, 312,500 francs ; camp du VI« corps, 1 ,250,000 francs ; Senne, il 2,500 francs; Mùnsingen, 356,250 francs; Haguenau, 1,980,000 francs; études pour rétablissement d'un camp dans le XVIll® corps, 18,750 francs; idem dans le X1X« corps, 37 ,.^00 francs; aménagemenis des camps d'instruction pour les divisions de cavalerie, 125,000 francs; baraquements, 243,750 francs; camps bavarois, 125,000 francs; polygone de Wahn, 95,000 francs; polygone de Thorn, 444,000 francs.
9,682,500 fr. pour celui du V« corps.