‹ L'Armée française en 1873Chapitre 9 sur 85 · C- < nJ cq · texte numérisé non relu

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Le premier tableau indique le rang qu'occupe chaque département en France, d'après le contingent moyen qu'il a fourni à l'armée. Il indique donc d'une manière exacte le fonctionnement de l'ancienne loi. La charge imposée à chaque département était proportionnée au chiffre annuel de sa population. On y voit quelle était cette répartition d'après la moyenne des neuf dernières années, et par conséquent quelle était la part de chaque département dans le recrutement et dans la composition de l'armée.

Il faut observer que le principe proportionnel admis alors , juste dans son application , si l'on considère chaque année prise à part, ne l'est plus autant dans ses conséquences si on considère une période de plusieurs années. — Le nombre des inscrits a varié annuellement dans les limites que nous avons indiquées. Mais il n'a pas varié dans la même limite pour tous les départements. Pour les uns, le déficit de la population s'applique aux années où la situation générale était bonne : pour d'autres, à celle où elle était mauvaise. Il en est de même pour les maximum.

Un département qui aurait eu son chiffre d'inscrits maximum en 1868, année de déficit, aurait fourni plus de soldats que celui dont le maximum coïncide avec le maximum général. Au contraire, celui qui a eu son minimum en 1868 avec la plu-

part des autres, aura fourni moins de soldats que si son déficit se trouve attribué aux années précédentes.

C'est ce qui explique les résultats anormaux suivants :

La Seine -Inférieure a un nombre moyen d'inscrits de 6,183, un contingent moyen de 1,947 hommes; le Pas-de-Calais a 6,167 inscrits par an, soit cinq de moins, et cependant son contingent est de 1,951, soit quatre de plus. La charge a donc pesé plus lourdement sur le Pas-de-Calais que sur la Seine-Inférieure.

Il en est de même pour la Loire et la Somme. La Loire se trouve avoir par an trois inscrits de plus et fournit cependant un soldat de moins : ce département est donc avantagé.

L'Ardèche fournit par an huit inscrits de plus que la Sarthe, et le contingent de ce dernier département n'a que deux hommes de moins. — La même observation s'applique à la Charente-Inférieure , qui fournit proportionnellement moins que les Bouches-du-Rhône.

Nous n'insistons pas davantage sur ces détails. Cette inégalité est-elle un bien ou un mal? Il est certain qu'elle est contraire au principe de la répartition proportionnelle, mais elle a l'avantage de soulager les départements qui sont les plus atteints par les années de déficit comme 1868, et

sous ce rapport elle peut être considérée comme un bienfait. — La loi nouvelle supprime cet avantage.

Il faut signaler à part la situation faite aux départements de la Seine et du Nord ; par le chiffre de leur population ils atteignent un rang démesurément élevé.

On peut observer toute la force du groupe formé par les cinq départements de la Bretagne. — Finistère, Côtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine, Loire- Inférieure et Morbihan sont dans le premier quart et fournissent 26,932 inscrits. Ils entrent dans la composition de l'armée pour 8.510 pour 100. Si on ajoute la population maritime, qui n'est pas sur les listes du recrutement, on se rend compte de l'importance exceptionnelle des ressources d'hommes que fournit cette région.

Enfin, les six derniers départements, Tarn-et- Garonne, Pyrénées-Orientales, Alpes-Maritimes, Lozère, Basses-Alpes et Hautes-Alpes, fournissent un total d'inscrits très-faible, et il est fâcheux que le même luxe d'administration soit nécessaire en personnel pour d'aussi minces résultats que pour les grands départements. Il y aurait tout avantage à modifier cette situation par une nouvelle division administrative.

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