CED
La confraternité de Guignard et de Larive devait-elle souffrir de ces différences de talents, de succès en classe, de conditions sociales ?
Nullement !
Chose anormale peut-être, ces deux adolescents, dans les circonstances où nous les trouvons et qui pouvaient susci-” ter entre eux de si fortes antipathies, étai nt cependant liés de la plus grande
des attentions de l’autre, qui n’était pas encore assez avancé dans la vie, surtout dans ce que l’on appelle la vie pratique, pour n’user que d’égoisme dans ses affections, et ce dernier admirait franchement la bonté de cœur, l’aménité de caractère, les talents faciles de son camarade campagnard. Durant les heures de récréation et les temps libres, on les voyait souvent ensemble, quand, fatigué de présider à l’entrain de ses claqueurs, Félix Larive s’en venait causer avec son voisin d’étude, débonnaire et parfois secourable, comme
ne —
On à pu déjà le comprendre. De. son côté, Guignard volontiers se flatte de cette intimité. A la Promenade, quand Larive le choisit pour copain dans les rangs, le fort en thème n’est plus rien, l’autre est tout, avec ses saluts qu’il trouve à distri.
buer à droite et à gauche par les rues de la ville, ses observations sur les hommes et les choses qu'il connaît si bien. On l'écoute ; on l’interroge : c’est un plaisir;
On ouvre les yeux et prête l'oreille à tout ce qu’il dit des gens qu’il montre et qui
ne ensuite l’occasion pour lui de recourir à cette popuiarité ; sa brigue est toute faite, et il l’emportera sur tant de confrères qui lui seront pourtant supérieurs sous bien des rapports. :
Eugène Guignard est le premier asservi sous cet ascendant de potache. Il en tire même une assez naïve gloriole. Que