Castcrman, éditeur. Tournai, Paris el Leipzick
la plus grande de vos souffrances et la moins connue?» Jcsus- Christ lui repondit : « C'est celle que me fit la croix que je por* tais; cette plaie, profonde et large de trois doigts, m'a été d'autant plus sensible qu'elle a été et qu'elle est moins connue. Honorez-la : tous ceux qui la révéreront obtiendront le pardon de leurs péchés et de leurs fautes journalières; je les comblerai de gnlces et de faveurs. »
Le pape Eugène III accorda à la prière de saint Bernard une indulgence de 3oo ans et 640 jours, à ceux qui diront trois Pater et trois Ave, et une indulgence de 2,000 ans à ceux qui réciteront l'oraison suivante :
ORAISON
O Jésus, mon Sauveur et mon Dieu, accordez-nous la rémission de nos péchés, par les mérites de vos souffrances, surtout de la profonde plaie que la croix fit sur vos épaules, de l'effusion de votre sang et de la mort ignominieuse et douloureuse que vous endurâtes pour nous. Ainsi soit-il.
Parmi ces petites prières dont la plupart s'abritent sous de si hauts personages, une des plus recommandées est celle du père Zucchi: « O ma souveraine ! » que Pie IX lui-même a enrichie d'indulgences.
ce Le P. Nicolas Zucchi, mort à Rome en 1670, et dont la mémoire est encore en vénération dans toute l'Italie, s'était, dit un des prospectus qui la recommandent, consacré à la très-Sainte Vierge, dès l'âge de douze ans, par cette formule, qu'il écrivit de son sang. »
Avec une pareille origine, la petite prière ne pouvait manquer de faire son chemin. Elle a, dit-on, opéré les plus heureux effets chaque fois qu'il s'est agi de ramener une âme débauchée à la chasteté.
Les Prières spéciales 287
« La mère d'un jeune débauché que la prière O ma Souveraine! avait rendu, en quelques jours, à la pureté et à la piété filiale, vint, transportée de Joie, trouver le P. Zucchi : « D'un démon qu'était mon fils, lui dit- » elle, vous avez fait un ange! »
« Un autre, retiré du vice par l'usage de la prière O ma Souveraine^ mais engagé par l'enfer dans une occasion où sa vertu ne pouvait que succomber, se hâta d'invoquer Marie par l'aspiration qui suit la prière ; et aussitôt une main invisible le saisit et l'entraîna jusqu'à sa demeure *. »
Au lieu d'une âme perdue, est-ce un simple objet perdu que vous voulez reconquérir ; au lieu de réciter la prière du père Zucchi : invoquez alors saint Antoine de Padoue.
La Semaine religieuse de Paris^ du i5 juillet 1876, donne les détails qui suivent sur cette « pieuse pratique, légitimée par une traditionnelle expérience » :
a Pendant que saint Antoine exerçait la charge de gardien au couvent de Montpellier, il arriva qu'un novice, dégoûté de sa vocation , forma le projet de quitter le monastère. Il partit, emportant un exemplaire du Nouveau-Testament, sur lequel saint Antoine avait écrit des notes marginales qui lui servaient pour la prédication. Affligé du départ du jeune religieux, plus encore que de la perte de son volume, le
I. Tournai. Typ, Casterman. Avec approbation de révcque du Puy
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saint se met en prières. Dieu, qui ne lui refusait rien, lui accorde sur-le-cliamp Tobjet de sa demande. Le novice fugitif, au moment de traverser un pont, aperçoit à l'aucre extrémité un liorrible démon qui menace de le frapper s'il continue d'avancer. Saisi d'effroi, le transfuge revient sur ses pas et va se jeter, confus et repentant, aux pieds de saint Antoine qui, du même coup, retrouva et son fils spirituel et le livre dont la perte lui avait été si sensible.
y> Qjui pourrait s étonner après cela que notre saint, dont la prière avait été si efficace dans la circonstance pénible où il s'était trouvé, s'intéresse maintenant au ciel aux supplications de ceux auxquels la perte d'un objet cause de sérieux embarras et même parfois un véritable préjudice? Or, c'est par milliers qu'il faut compter les personnes qui se félicitent d'avoir eu recours à saint Antoine de Padoue pour retrouver les objets perdus.
» 11 y a là certainement un fait d'expérience que les plus sceptiques ne sauraient révoquer en doute : qu'ils essaient donc de l'expliquer, dans sa généralité et son ensemble, par des causes ordinaires et naturelles. Pour nous, enfants de l'Église catholique, qui croyons à la puissance d'intervention surnaturelle des anges et des saints dans les choses d'ici-bas, nous ne sommes pas plus embarrassés pour répondre sur ce point que pour rendre raison de ces guérisons merveilleuses, par lesquelles la sagesse divine veut confondre notre génération incrédule et dévoyée et la ramener à reconnaître le doigt de Dieu.
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» Lorsqu'on invoque saint Antoine, dans le but dont nous venons de parler, on se contente généralement de réciter quelques Pater et Ave. »
Pour les cas plus graves, nous avons le