LES NEUVAINES
Précieux usage des neuvaines. — Dans quels cas on les recommande, r- La Neuvaine dite infaillible . — Etranges requêtes aux saints : d'une maîtresse de pension pour avoir plus d'élèves ; — d'une, mère pour que son enfant apprenne à lire, etc. — Un mollet retrouvé. — Il n'est pas besoin de dire ses neuvaines soi-même. — La question des offrandes. — Ne jamais interrompre la neuvaine commencée. — Pourquoi certaines neuvaines n'aboutissent pas tout de suite. — Théorie des neuvaines. — Les recommencer jusqu'à ce que la grâce demandée soit obtenue. — La palme à ceux qui ne se découragent pas.
En vertu de l'éternel axiome « Plusieurs précautions valent mieux qu'une, » l'usage des amulettes : scapulaires, médailles, cordons, statuettes, etc., est fréquemment accompagné de neuvaines. Souvent même les neuvaines suffisent à elles seules pour accomplir quantité de prodiges. Notre petite revue des engins dévots serait donc incomplète si nous ne leur consacrions quelques pages.
Par neuvaine, je ne pense l'apprendre à personne, on entend l'acte qui consiste à implorer neuf jours de suite, au moyen des prières, un bienheureux quelconque. Pourquoi ce chiffre cabalistique de neuf jours? L'Eglise elle-même ne paraît pas très fixée là-dessus.
(c On a adopté le nombre neuf préférablement à tout autre, dit le père Huguet*, pour honorer la sainte Trinité en consacrant trois jours à chacune des trois personnes divines (trois fois trois, neuf) ou bien encore pour mettra chaque jour de la neuvaine sous la protection des neuf chœurs des anges et obtenir plus sûrement, parleur intercession, la grâce qu'on demande.»
Nous ne nous arrêterons pas à ces suppositions.
« Quoi qu'il en soit des jugements erronés, dit le père Tervecoren, il est certain que Dieu bénit ce genre de dévotion. L'expérience montre que la plupart des guérisons extraordinaires et d'autres grâces toutes spéciales ont été obtenues plutôt par des neuvaines que par d'autres exercices *. »
Cette constatation ne tiendrait-elle pas tout simplement à ce que, de toutes les dévotions, la neuvaine est la plus répandue ?
tt C'est, dit un des petits livres de la bibliothèque militaire de Toulouse, une des plus utiles pratiques
1. Neuvaine à saint Joseph de Bon-Secours. Paris, Tolra, 1873. in-i8.