A GENOUX, UNE HEURE APRÈS LA NUIT, — AU SON DE LA
CLOCHE, — le De profiindis , ou Pater et Ave , avec le Requiem œternam^ » etc. (P. 32.)
Heureusement, il ne faut pas traduire une heure après la nuit par « une heure du matin ». Le fidèle qui entonnerait à cette heure-là le De profiindis , — fûtce pour gagner ses cent jours d'indulgence avant de se mettre au lit, — risquerait trop de se faire signifier congé par son propriétaire et assomm.er par ses voisins.
On remarquera les conditions « à genoux, — une heure après la nuit, — au son de la cloche. )> — Quantité d'indulgences, pour être valables, ont besoin d'être entourées de minuties analogues. On ne les récite pas indifféremment dans une position ou dans une autre. La prière de V Angélus^ qui porte indulgence, à condition d'être récitée à genoux^ en tout autre temps, doit,
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« le samedi soir et dans la journée du dimanche » , être récitée debout^.
On ne les récite pas indifféremment non plus dans un lieu ou dans un autre.
Pour obtenir l'indulgence de cinquante ans, les confrères du Rosaire doivent prononcer les prières désignées, non point dans une église quelconque, mais dans la chapelle du Rosaire, ou dans une partie de l'église d'où Von puisse apercevoir Vaiitel de ladite chapelle ^.
Il est telles prières qui ne rapportent au fidèle la somme d'indulgences convenue qu'à la condition que celui-ci les prononcera dans tel ou tel diocèse. Une note du journal le Monde, reproduite par le Propagateur^, rectifie en ces termes la nouvelle donnée trop légèrement que la sacrée Congrégation des Rites venait d'accorder trois cents jours d'indulgence à ceux qui réciteraient les Litanies du saint Nom de Jésus :
« Un respectable religieux nous écrit pour nous dire qu'en ces termes la nouvelle n'est pas complètement exacte et pourrait induire en erreur beaucoup de fidèles. Voici comment les choses se sont passées :
» Lors de la réunion des évêques à Rome pour la solennité de la canonisation, une supplique fut signée
i. Les plus faciles indulgences, p. 10.
2. Le Rosaire, par un religieux dominicain. — Paris, Poussielgue, 1867, in-32, p. 24.
3. Le Propagateur de la dévotion à saint Joseph, Première année, p. y3.
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par quatre-vingts cardinaux , archevêques et évoques d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Amérique pour demander l'approbation dont il s'agit. Le Saint-Père répondit à cette supplique en accordant trois cents jours d'indulgence aux fidèles des diocèses des signataires qui réciteront dévotement ces litanies...
y> On nous prie de publier ces renseignements, aSn que l'on sache que les indulgences en questio'n jze peuvent se gagner que dans les diocèses pour lesquels on les a demandées. »
Voilà qui est clair. Selon qu'il y a eu demande ou non, les mêmes litanies, dont la récitation rapporte trois cents jours dans le diocèse A, peuvent ne rien rapporter du tout dans le diocèse B. Situation plus étrange encore ! Que le lidèle se déplace ; qu'il quitte le diocèse A pour pour le diocèse B, et la prière dont il était accoutumé de tirer un bénéfice de trois cents jours^ à chaque fois qu'il la disait, devient totalement improductive pour lui.
Et ce n'est pas encore tout de récirer les prières en temps et lieu propices; le mouvement des lèvres lui-même peut être sujet à interprétations. En récitant telle prière, il est indispensable de remuer les lèvres; en récitant telle autre, on peut s'en dispenser.
Ainsi, au nombre des conditions requises pour le gair des indulgences, le manuel de l'abbé Cloquet recommande « de prononcer les paroles et non pas lire seulement des yeux », tandis qu'une image pieuse, rcdjoduisant un bref de Pie IX (19 août 1849), nous
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apprend : « Les associés de V Apostolat de laprièrey par une offrande de ce genre, qu'il suffit de faire metîtalement, peuvent gagner, s'ils la renouvellent chaque jour, deux indulgences plénières par mois. {L'une des deux doit être gagnée un vendredi.) n
Ici, la dévotion doit avoir lieu un vendredi ; ailleurs, on devra la faire un samedi. Il y a des prières qui doublent, triplent, décuplent de valeur selon qu'on les prononce devant telle ou telle image, seul ou en société, un jour de fête ou un jour ordinaire, au commencement du mois ou à la fin, le premier dimanche ou le troisième mercredi. D'autre part, on ne peut gagner certaines indulgences qu'autant qu'on est revêtu de tel ou tel scapulaire, qu'on porte telle croix ou telle médaille, qu'on est associé à telle ou telle confrérie.
L'invocation : « Jésus, Marie ! » cotée vingt-cinq jours pour le vulgaire, en rapporte cinquante à ceux qui sont porteurs du scapulaire de l'Immaculée-Conception ^
Ce n'est pas une des moindres singularités que nous offrent les prières indulgenciécs que de voir ainsi le même texte changer de valeur suivant mille et une circonstances spéciales.
Le signe de la croix, qui, accompagné de la formule consacrée, mais avec les doigts secs, ne vaut que cinquante jours, en procure cent, si, pour le faire, on s'est trempé les doigts dans l'eau bénite -.
1 . Manuel des indulgences authentiques, par lîn docteur en théologie, 2'' édition. Paris, 1860, in-18, pp. 52 et 118.