‹ L'arsenal de la dévotion; notes pour servir a l'histoire des superstitionsChapitre 86 sur 145 · CHAPITRE DE LA TRiiS-SAINTE BaSILIQUE DU PRINCE DES APOTRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE DE LA TRiiS-SAINTE BaSILIQUE DU PRINCE DES APOTRES

à Rome.

A ceux qui ces prcsentes verront, j'atteste et certifie que le portrait de Notre-Seigneur Jésus-Christ, copié sur le saint suaire de \'éronique et imprimé sur une toile blanche d'un pied carré a été par moi mis en contact avec ce saint suaire, ainsi qu'avec le bois de la vraie Croix et le fer de Lance de la Passion du Seigneur, qui sont très religieusement conservés dans notre susdite Basilique et dont l'authenticité est proclamée par plusieurs attestations de souverains pontifes et parla profonde vénération des peuples.

En foi de quoi j'ai revêtu de mon sceau et de ma signature le présent certificat. Donné le i5 avril 1870, l'an 24 du Pontificat de notre très saint Pontife Pie IX.

Henricus di Compello (;j.

Voici maintenant une espèce de petite médaille de-

coupée en chemisette. Au recto, la forme et les plis du vêtement sont indiqués. Au verso, se trouve l'inscription:

Cette chemisette bénite a Chartres A touché le précieux vêtement de la sainte vierge

Cf'est le fac-simile d'une relique célèbre: la sainte chemise de Chartres.

Un prospectus qui l'accompagne dit:

Cette chemisette bénite, qui a touché à Notre-Dame de Char 1res, est l'image du saint vêtement de la Vierge, donné à l'église cathédrale de Chartres par le roi Charles le Chauve en l'an 876. Une portion de cette pieuse Relique est exposée à la vénération des fidèles.

Les fidèles ayant toujours eu une grande vénération pour la «ainte Tunique, se sont fait un devoir de porter sur eux cette Image vénérée qui rappelle de pieux souvenirs. C'est pourquoi nous avons copié fidèlement cette sainte Image consacrée par Il tradition et léguée par nos ancêtres : tout changement eût été une profanation.

Les derniers mots peuvent faire sourire quand on sait que les fragments d'étoffe offerts comme relique à la vénération des fidèles, n'ont pas plus la forme d'une chemise qu'ils n'en représentent la matière.

On aura remarqué dans le prospectus la périphrase € le saint vêtement. » Un vieil auteur nomme cette relique « la camisole de la Vierge*. » Pour esquiver le mot chemise, Mgr Pie, évêque de Poitiers et enfant de

I. « C'estoit la camisole qu'elle portoit lors de la salutation angélique. » Dévotion à Marie en exemples, t. II, p. 529.

Les Amulettes locales 247

Chartres, l'a appelée dans un dé ses discours « la tunique intérieure » de la très sainte et très chaste mère de Jésus,

Ce même discours du fameux prélat constituerait, du reste, un bien meilleur prospectus que celui du déb: ant

de chemisettes. Le lecteur en Jugera par ce passage:

« Nul ne mérite le titre de dévot pèlerin de Notre* Dame s'il n'a passé sous la châsse d'où découlent mille grâces de guérison, s'il ne porte sur lui une image bénite de la sainte relique : préservatif assuré^ bouclier impénétrable derrière lequel les chevaliers ne craignent ni fer ni acier; à tel point, est-il observé dans certain discours sur les duels, que celui qui est muni (Tun tel avantage en doit avertir son adversaire^ parce que la partie n'est plus égale *. »

La recommandation est charmante !

« Afin de se préserver de la rage, dit Fauteur du Pèlerinage de saint Hubert ^, on porte dévotement sur soi des objets bénits et touchés à l'Etole miraculeuse de saint Hubert comme des croix, des bagues, des chapelets, médailles, etc. » (P. 19S.)

1. Discours de Mgr. Pie cité par l'auteur de la Dévotion de Marie en exemples, t. II, p. 53o.

2. L'abbé C.-J. Bertrand. Pèlerinage de Saint-Hubert en Ardennes, ou Particularités sur la vie de saint Hubert, l'abbaye d'Andagc, l'église de Saint-Hubert et l'usage de la sainte Etole contre l'hydrophobie. 2' édit. revue, augmentée et approuvée par Mgr l'évêque de Namur. Paris, Tournai et Leipzig, Castermann, gr. in-i8.

Pour guérir les animaux enragés, on se sert d"un autre ustensile de forme spéciale qui doit également une bonne part de son pouvoir à ce qu'il a touché la fameuse étole.

On raconte qu'un jour, tandis que saint Hubert célébrait la messe à Rome, saint Pierre lui apparut et lui remit une clef d'or « comme signe de sa puissance de lier et de délier, ainsi que de guérir les fous et les furieux ».

« En mémoire de cette clef, dit l'abbé Bertrand, on bénit à saint Hubert de^ clefs ou cornets qu'on touche à la sainte Etole. C'est un fer conique d'environ dix centimètres de longueur et de cinq millimètres de grosseur, terminé par une espèce de sceau représentant un cornet. L'usage de ces clefs ou cornets est suffisamment indiqué dans l'Instruction imprimée qu'on remet à ceux qui achète:^ ces clefs et dont voici le texte:

Page 1