II. ii
leurs grands châles, mais gentilles et babillardes comme des rouges-gorges ; avec ces gamins hâbleurs et enjoués; avec ces grisettes qui ont trouvé moyen de faire capituler jusqu'à la mode française devant un souvenir de Zendado *, et de n'en paraître que plus jolies — ma foi, que mon ami M. Passini se le tienne pour dit, il faut s'avouer enfant des lagunes. El qu'il veuille en dire autant, ou à peu près, à son collègue M. le professeur Schônn, ce grand prévôt des marchés et des pêcheries, où il nous mène tremper en de si belles flaques et nous assourdit par un si authentique caquetage de canotiers et de servantes, de paro?ii et de massere.
L'Autriche n'en conservera pas moins, après tout, de bons peintres de genre ; à moins que l'Allemagne ne prétende lui disputer M. Defregger ou M. Kurzbauer. Celui-ci, à la vérité, avec sa scène si connue des Amants fugitifs , que l'aristocratique maman, véritable type de douairière, vient surprendre dans une hôtellerie de village; avec son Deuil de la veuve surtout, si poétique et si touchant, risque fort d'être revendiqué par Fécole de Munich. L'autre, M. Defregger, en rappelle aussi beaucoup le faire, mais il tient par les sujets au Tyrol, dont il reproduit fort bien dans les types virils la belle prestance montagnarde , et dans les types de femme et d'enfant les grâces rustiques et naïves. MM. d'Angeli, Canon, Lallemand et le splendide M. Makart lui-même, as-