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I. Ouicherat, Histoire du coslwiic

FIO. l34. — BOISERIES DU X\* SltiCLK.

Provenant du chapitre de Sa:nt-Chamand. (Auvergne.)

des tours, des couronnes, des moulins à vent, enchâssés dans une longue paire d'ailes ou dans une colossale paire de cornes, constituaient un édifice de deux pieds et quelquefois plus, que tout bon chevalier portait sur son chef.

Ces ornements fort gênants, écrasants par leur poids, furent, pendant plus de trois siècles, la marque distinctive des guerriers de quelque mérite ; et, si nous en croyons Froissart, « ne

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Fiy. 135. — EXEMPLE DE H .\ U T S S COIFFURES,

Fragment de tombeau à Notre-Dame Ju Puy.

faisoient les seigneurs nul compte d aultres gens d'armes, s'ils n'estoient à heaulmes et à tymbres couronnés ».

Vers le milieu du xiv= siècle, au moment où la Féodalité reçut ses premières atteintes, il y eut, il est vrai, une réaction sensible. Les vêtements se raccourcirent à ce point, que le contmuateur de Guillaume de Nangis accusa les beaux damoiseaux de son temps de s'être faits « si' légers pour mieux fuir devant l'ennemi ». Mais tant que dura le régime féodal, on ne renonça m aux chaussures pointues ni aux casques empanachés; et ce qui rend cette particularité essentiellement caractéristique, c'est

,„e les diverses évolutions du costume ,ui la précédèrent, Raccompagnèrent on la suivirent, s'accomplirent sans que le nombre ou la nature des pièces composât., Phab,, tu. change. Avant comme après, le vêtement compnt la chemtsc, le bhaud, le manteau, les bra.es et les chausses. Seules les proporttons de ces diverses pièces s-allongèrent ou se raccourcrent.

Les femmes, toujours soumises aux modes de leur temps, n'eurent garde de désobéir à la tendance qui domtnatt autour d'elles, comme leurs maîtres et seigneurs, elles s'empresseren d'allonger leurs personnes par des coiffures monumentales e aussi par le développement extravagant qu'elles accorderen^ leurs robes. Pendant tout le moyen âge, ces hautes et form, dables coiffures, qui portèrent le nom d'escoffions, de henntns,

Les haults bonnets, couvre-chefs à bannière. Les haultes cornes pour dames triompher,

fnren, considérés comtue un signe incontestable de noblesse. La .rat^deur morale, dans cette époque Imaginative, chercha,, a "affirmer par la grandeur physique, plus saisissante dans sa forme et plus accessible aux esprits incultes de la foule.

« Les barbares, dit Quime-Curce, mesurent leur respect a ,a majesté du corps. - Ho.unWus barians in corporum m.jesiatl reneratio es, „. L'avemure de Saul et les cotffures du moyen âge sont là pour lui donner raison.

Ces coiffures prirent rapidement de telles proportions, que les contemporains eux-mêmes crurent devoir protester contre leurs dimensions insolites.

Les écrivains du temps, Juvénal des Ursins, Monstrelet, les tournent en ridicule, et les prédicateurs qui s'étaient attaqués a la chevelure et à la barbe des hommes, ne laissèrent pomt en repos, on le devine assez, les élégantes parées de ces monstrueux ornements Mais là encore leurs attaques furent impuissantes. En vam

essayèrent-ils de l'intimidation, appelant la populace à leur aide, l'ameutant, et distribuant des indulgences à ceux qui poursui-

FIG. 13". — CALICE EN VEKMEir,, FIN DU X V* SIÈCLE (Collection de M. OJiot.)

valent les femmes hautement coiffées en criant : « heurte belin ! », c'est-à-dire, « bélier frappe de tes cornes », ou encore « au hennin, au hennin ! «. La crainte des peines éternelles

et surtout la peur d'un châtiment immédiat impressionnèrent ces pécheresses à la mode, au point qu'un certain nombre d'entre elles « se disposèrent à mettre jus leurs atours, et prirent aultres tels ou semblables que portoient femmes de

béguignage Mais à l'exemple du limaçon lequel, quand on

passe près de lui retrait ses cornes par dedans, et quand il n'oyt plus rien les reboute, ainsi firent icelles et en assez bref... reprirent petit à petit leur vieil estât, tel ou plus grand qu'elles n'avoient accoutumé de porter ' n .

Quant au développement des parties inférieures du costume, il suffit de rappeler que c'est au moyen âge que revient l'honneur des traînes énormes, des jupes démesurées, pesantes, incommodes, trop lourdes pour un seul corps et pompeusement portées par des damoiseaux, des suivantes ou de gentils pages, gratifiés du nom plus singulier qu'euphémique de « portequeue ».

Le second caractère qui nous a frappés dans l'architecture, c'est l'inaccessibilité. Entourée de gradins, préservée par une armée de contreforts, n'ayant guère plus de trois ou quatre portes relativement étroites, bardées de fer, hérissées de clous, la cathédrale, asile pour les bannis, forteresse au besoin pour le clergé, est, comme le manoir, d'un accès difficile. On n'y peut pénétrer que lentement, peu à peu, et, malgré ses verrières immenses, on sent que le colosse est assez robuste pour soutenir un siège et braver un assaut.

Dans le château, cette qualité est encore plus apparente. De tous les côtés il est inabordable. Soit que ses longues tours aveugles se dressent sur un rocher à pic, soit qu'une large rivière ou un fossé profond ceigne ses murs épais ouvrant à peine sur la campagne une timide fenêtre, il est isolé, et paraît

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