‹ L'art à travers les moeursChapitre 123 sur 179 · FIG. 159. — FONTAINE RENAISSANCE · texte numérisé non relu

FIG. 159. — FONTAINE RENAISSANCE

A Clermont-FerranJ.

prunté également à l'Antiquité son sentiment et son amour de la forme.

C'est aux environs de i520 que la Renaissance se manifeste chez nous avec tous ses emprunts. C'est aux environs de i55o qu'elle atteint son point culminant d'élégance et de distinction. A ce moment, l'influence du Rosso, les exemples du Primatice,

les préceptes de l'école de Fontainebleau ont produit tout leur effet. Dans cet art nouveau où, Timagination étant passée au second plan, Tarrangement et le goût jouent le rôle principal, c'est la période pendant laquelle le gotât se montre le plus épuré,

le plus délicat, le plus élevé, qui doit occuper le point culminant. Cette période est représentée, dans notre histoire, par le règne de Henri II.

Au reste, comme toutes les autres évolutions que nous venons d'étudier, pour atteindre ce point culminant, Tart nouveau n'a procédé ni par bonds ni par soubresauts. Jusqu'à l'époque de son plein développement, sa marche est régulière et normale. L'amalgame s'est opéré posément, doucement, par infiltrations successives, inégales suivant les diverses branches et les différentes contrées.

En outre, c'est par la persuasion qu'il procède et non parla violence. Tout d'abord, l'artiste ne s'est senti que faiblement attiré vers la plastique de l'Antiquité. Encore imbu des idées de l'époque précédente, il préfère les inégalités de la forme individuelle à la régularité du type général, le nombre à l'unité, la jouissance des yeux à leur éducation. Mais, peu à peu, il se laisse pénétrer et convaincre. Alors il s'abandonne, et na'i'vement, sincèrement, sans recherche de tours de force, sans étalage d'une érudition présomptueuse, il arrive, croyant faire des

FIG. 160. — LES TROIS OHACES. Par Germain Pilon.

j.QourrwiLLE.v

Fie. ICI. - PAVILLON CENTRAL DES TVILERIES.

Par Philibert Dilorine. (État primitif.)

portraits, à créer des types, tant il a pénétré les qualités morales de son modèle, mis en relief les traits saillants qui sont le propre de sa fonction, et les côtés élevés qui sont la caractéristique de sa vie.

L'acheminement a été d'autant plus naturel que la Renaissance, simple période d'une grande évolution, n'a quune enfan

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FIQ. 162. — PORTRAIT DE FRANÇOIS l".

Médaillon en cire colorée. (Musée de Cluny.)

relative. Elle ne connaît, en effet, ni les hésitations du début ni les difficultés du premier âge. Elle hérite de cette habileté d exécution, de cette sûreté d'œil, de cette netteté de discernement qui semblaient, à la chute de l'empire gallo-romain, perdues a jamais, et que si.x -siècles de progrès continus, d'études incessantes et de patient labeur avaient fini par reconstituer . Donc point d'enfantements douloureux, mais seulement les loies de la récolte. Tous les fruits lui sont bons, elle les cueille • sans fausse honte et profite sans remords des efforts accomplis.

Ses architectes, Martin Chambiges, le vieux maître de Beauvais Pierre Trinqueau, Tarchitecte de Chambord, Pierre Lescot, Jean BuUant, Philibert Delorme, sUnspirent de Tincomparable habileté et de la superbe audace des constructeurs du siècle pre-

FIG. 163. — CORBEILLE POLYCHROME. Par Bernard Palissy. (Mus" Je Cluny.)

cèdent'. Ses sculpteurs, les Pierre Bon.emps les Jean Goujon les Roussel, les Germain Pilon, ont été élevés a une école ou le faire est large, puissant, simple et sans effort. L'art s, français de PémaiUeur est à peine débarrassé de ses entraves cloisonnées que, sous la brosse délicate des Raymond, des Courtoys, des Pen caud, des Limosin, des Nouailher, véritables dynasues d art.stes incomparables, il atteint à une inimitable perfection.

La faïence stannifère est à peine découverte que, sous Tébauchoir des Délia Robia, elle s'élève aux plus hauts sommets tandis qu'entre les mains du faïencier d'Oiron elle enfante del merveilles de grâce, et que Palissy rêve pour elle de monumen-

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