‹ L'art à travers les moeursChapitre 57 sur 179 · FI G. ~1. — LA VIERGE · texte numérisé non relu

FI G. ~1. — LA VIERGE

Dessin à la plume de R.ipliaël pour son tableau : La belle JarMmêie

sont qu'accidentelles et secondaires. C'est seulement après une longue station à Rome, et presqu'au déclin de sa trop courte carrière, que Raphaël, d'abord admirateur des Quattrocentistes, sectateur du Pérugin et de Francia, introduit dans ses compositions des figures empruntées tout d'une pièce à l'antiquité.

Ne nous plaignons pas de ces retards. C'est à cette sève personnelle qu'est dû le grand charme des œuvres originales; c'est là qu'est la saveur des maîtres vraiment grands. Comparez les ouvrages de Léonard et les premiers tableaux de Raphaël à ceux de leurs caudataires. Plus tard, quand sous le savant crayon d'un Timoteo Viti ou d'un Perino del 'Vaga l'art aura, grâce à la connaissance approfondie de l'antiquité, conquis son absolue correction, il lui manquera cette saveur, ce charme qui nous émeuvent si fort, et son caractère personnel s'effacera devant une magistrale banalité'.

Mais avant ce premier affaissement, que de rêves merveilleux ont été réalisés ! La victoire définitive de la forme a assuré l'empire de la Beauté. Le Symbole est vaincu. C'est le Type qui règne, — le Type résumant en lui les conditions de force, de symétrie, d'équilibre, d'ordre et de proportions, aussi parfaites que l'œil les peut concevoir, — le Type, créé par le génie de la race et consacré par l'artiste assez audacieux pour résumer la nature, pour la corriger, l'embellir et la rendre en apparence plus parfaite, par des proportions ou des détails que plus tard les anatomistes sévères qualifieront de difformités -.

L'artiste en effet, dans ces grandes époques, est encore créateur; il ne croit pas son rôle réduit à la mission de copiste. Semblable à ces abeilles dont parie ^Montaigne, et qui « pillotent de çà de là les fleurs dont elles font après le miel, qui est tout leur

1. Voir Vasari. Voir également Lanzi, Sloria pittorica délia Italia, et E. Mûntz, Raphaël, sa vie, ses œuvres, son temps, p. 136-138.

2. Voir Dumont, Tliéoric scientifique de la sensibilité, p. 40.

et iVest plus thyn ni marjolaine », il sait transformer tout ce qu'il

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