VIQ. 7. — DAGUE EN SILEX
Musée de Saint-Germain.
Dès les premiers bégaiements de l'humanité, il se manifeste et se révèle. A peine sorti du berceau, l'homme l'appelle à son secours. Il est à la fois le consolateur et Tamuseur de notre espèce. Son culte est le premier auquel on ait sacrifié.
L'homme, en effet, est naturellement porté à embellir sa personne, à décorer tout ce qui lui appartient, tout ce qui l'environne ou le touche. L'un des premiers besoins qui se manifestent en lui est celui de l'ornement. Il débute par s'orner lui-même; puis il orne sa compagne, ses armes, sa demeure, ses dieux, ses temples ;■ en un mot, tout ce qui lui est cher ou précieux, tout ce qu'il aime, craint ou vénère.
Avant de se vêtir, il pense à se parer. Avant de chercher à se garantir du froid ou du chaud, du vent ou de la pluie, l'être primitif orne sa tète d'une plume, son cou de coquillages, son bras d'os ou de cailloux arrondis et réunis par un fil. Il traverse son nez avec une arête de poisson, perce ses oreilles, mutile et déforme son visage. Il ignore la confection des étoffes, l'emploi des peaux de bêtes, les plus vulgaires ustensiles lui font encore défaut que déjà le sentiment artistique se montre en lui. Le goût de l'ornement et le besoin de la parure précèdent de longtemps le sens de la pudeur.
« Eve, dit malicieusement Lord Byron ', travailla dans les modes avec des feuilles de figuier; c'est la première connaissance que l'Église tira de l'arbre de la science. » — « On a eu la passion des colifichets avant de sentir le besoin de l'indispensable, ajoute AL Quicherat", tant a eu raison celui qui a dit que le superflu est ici bas la chose la plus nécessaire. »
Or, cet instinct du décor, ce besoin de la parure que sontils, sinon l'Art à ses premiers vagissements? L'homme peut donc