‹ L'art à travers les mœursChapitre 11 sur 171 · I. Williams, Fiji and the Fijians, vol. I , p · texte numérisé non relu

I. Williams, Fiji and the Fijians, vol. I , p

le corps d’arahesques élégantes et symétriques, véritables œuvres d’art variant de tribu à tribu, de famille à famille, où les couleurs ont un langage et les dessins une signification b Et qu’on ne croie pas que ces combinaisons agréables à l’œil, qui satisfont aux règles de rornementation, à la pondération, à la symétrie, à l'alternance, sont le résultat d’un hasard heureux. Suivant la remarque pleine d’humour d’un sévère économiste, ces ornements et les dessins qui composent ce tatouage sont jugés, chez les sauvages actuels, tout aussi sévèrement que chez nous la coupe d’un habit ou la valeur d’un tableau'.

A mesure que la civilisation grandit, ce goût de l’ornementation s’élève et s’épure. En même temps, il s’étend, se développe, se généralise et passe du producteur à ses créations. L’homme, en effet, se montre moins préoccupé d’orner sa personne et plus désireux d’embellir ce qui doit frapper ses regards. Mais aucune race n’échappe à ce besoin singulier, aucune nation, aucune tribu ne peut se dérober à son empire.

Même chez les peuples pasteurs qui, par leur vie nomade et leur absence d’industrie, semblent devoir ne guère ressentir ces préoccupations, l’amour de la parure se manifeste. Éliézer se rendant à la rencontre de Rébecca a bien soin de se munir d une fibule en or et de deux bracelets. Thamar, avant de s’abandonner à Juda, exige, comme gage, son bracelet et son anneau; et Gedéon réclame, pour récompense de ses victoires, les pendants d’oreille des Madianitesh

Le temps n’est pas éloigné, du reste, où Isaïe va se donner le plaisir de nous détailler les parures des filles de Sion. Dans

1. \ oir Burton, Ahcohita, vol. i, p. 104; John Baikie, Exploritig voyage, p. 450; John Lubbock, Origines de la civilisation, p. 57 ; le marquis de Compiègne^ Afrique équatoriale, etc., etc.

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