IHd., chant VIII
Que manquait-il à ces Grecs des temps héroïques? peu de chose, vraiment. Seulement ce que nous regardons comme l’indispensable : le linge de corps, les vitres aux fenêtres, les cheminées, poêles et fourneaux, les armoires et les buffets, les fourchettes, les serviettes, les nappes sur la table et les draps au lit. Mais ces derniers étaient déjà sculptés, inscrustés, gravés, marquetés, ciselés, chargés de métaux précieux, et le lit d’Agamemnon avait des pieds d’or.
« L’art précède la science », s’écrie Lamennais h II précède même la civilisation. Quand sur l’ordre du Rama le pieux Lakmana pénètre dans le redoutable Kiskindhya (cité des troglodytes), il voit cette ville singulière ornée de plantations, de fleurs, de splendides pierreries ; et les habitants que, dans son mépris, il compare à des singes, lui apparaissent décorés de superbes guirlandes et d’ornements à profusion L
La femme, si on la considère au point de vue de l’amour de l’ornementation et de la recherche de la parure, est la fidèle compagne de l’homme. Sous ce rapport elle se montre au moins son égale. Comp)arez l’abîme qui nous sépare; au point de vue de la civilisation, du bien-être et du confort de l’Egypte des premières dynasties : rien des merveilles créées par notre industrie n’existait en ces temps reculés. La plupart des connaissances que nous déclarons indispensables faisaient défaut à l’espèce humaine, et déjà les élégantes de Thèbes, d’Éléphantine, de Memphis avaient des boîtes à parfum, des écrins remplis de bijoux, des bracelets, des bagues gravées, des pendants d’oreille, des miroirs ornés de pierres fines, des étoffes tissées d’or et d’argent, des anneaux merveilleux, des broches admirables. Elles se teignaient les ongles, les cheveux, les sourcils et les cils.