I. Lois scientifiques, etc., p
tence de l'homme à certaines époques de nos formations géologiques, mais encore de reconstituer théoriquement l’individu à qui ces ossements ont appartenu ; de même que journellement, grâce à des ossements découverts dans le sol, on peut déterminer non seulement l’espèce et la race de l’être de qui proviennent ces ossements, mais encore son âge, son sexe et son degré de développement ; de même, à l’aide d’un tableau, d’une statue, d'un bas-relief, d'un monument, d’une de ces productions supérieures qui sont notre gloire et notre orgueil en même temps que les fruits de l’intelligence humaine, il est possible de refaire, dans une large mesure, l’histoire des nations disparues et de montrer ce qu’elles ont été, en faisant voir ce dont elles étaient capables.
Combien de problèmes historiques, ethnographiques, archéologiques n’ont-ils pas été résolus déjà de cette façon? Nous avons expliqué, au commencement de ce travail, quel jour inattendu les fragiles statuettes de Tanagra ont jeté, tout d’un coup, sur une période de l’histoire grecque, mal connue jusqu’à ce jour et mal comprise. N’avons-nous pas également vu, de notre temps, des savants émérites, MM. Ottfried Muller et Ampère, surprendre dans les origines de la Rome antique la main des Étrusques, qu’avant eux on ne soupçonnait guère d’avoir travaillé là? De simples ouvrages d’art comme l’enceinte de Servius Tullius, la Cloaca maxima et le temple de Jupiter avec sa triple cella n'ont-ils pas révélé d’abord et attesté ensuite un fait que les historiens les plus anciens avalent passé sous silence?
Si donc nous parvenons à bien établir, par l’étude qui va suivre et qui s’attache à l’évolution humaine la plus rapprochée de nous et la mieux connue par conséquent, non seulement cette concordance, mais encore les lois posées dans nos précédents chapitres, nous aurons fait faire, croyons-nous, un grand pas à cette haute et difficile question qui s’appelle la logique de l’histoire.
L’ART A TRAVP:RS LES MŒl^RS.
Ce premier point solidement établi, c'est-à-dire une fois qu’il sera bien démontré que toutes les actions des hommes sont intimement liées, connexes, solidaires et dépendantes les unes des autres, et qu’il suffit de posséder un certain nombre de ces actions pour pouvoir reconstituer celles qui font défaut, comme la vie des peuples obéit à une marche aussi régulière que toutes les autres parties de la nature, on sera naturellement amené à conclure que, par une série d’observations successives, il est possible de restituer la véritable histoire des nations disparues.
Ce but atteint, une voie nouvelle et féconde s’ouvrira aux investigations de l’archéologie et notre temps pourra, suivant la prédiction d'Augustin d'hierry, s’appeler « le siècle de l’histoire ».
FIO. SO. — SATYRES. ET BACCHANTES D’après Jordaêns,