‹ L'art arabeChapitre 134 sur 161 · LIVRE VI. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — CHAPITRE I

qu’à l’entrée. Tantôt c’était une mince feuille d’or appliquée sur le fond d’acier ou de laiton et prise entre deux lignes parallèles, dont les rebords, légèrement rabattus, lui faisaient une sorte d’encadrement. Ce placage serti

Fîg. 12(5. TABLE DU SULTAN KALAOUN.

(Musée arabe du Caire.)

se trouve dans une grande partie des ouvrages venus de Damas. Tantôt l’ouvrier, armé d’une lime en forme de molette d’éperon, conduisait rapidement son outil sur l’objet qu’il avait à ornementer, et le fil d’argent s’appliquait au marteau sur toutes les parties du métal ainsi préparées pour le gripper et le retenir. Les ouvriers du Caire emploient encore aujourd’hui ce pro-

cédé de travail, qui s’exécute avec une habileté merveilleuse. Cette façon de damasquiner appartient particulièrement aux artistes de la Perse, d ''El-Agham, pour nous servir du mot arabe qui désigne ce pays ; les Italiens, en imitant ce procédé, avaient appliqué cette expression, al Agemina , à ceux de leurs artistes qui rappelaient la manière des ouvriers persans, des Agemi , de même qu’ils nommaient Lavori alla damaschina les ouvrages taillés suivant la fabrication usitée à Damas. » (Lavoix, les A^iministes.)

Al aghamina ou alla damaschina , l’art delà damasquinerie ne se répandit que tard en Égypte, et les plus vieux cuivres damasquinés ne datent que du commencement du xne siècle. Mais leur fini, leur sûreté de touche laissent à supposer qu’ils n’étaient pas les premiers essais de l’ouvrier et que de longs tâtonnements avaient précédé cette habileté d’exécution.

Au xme siècle, un grand nombre d’objets sont fabriqués par ordre des sultans et des émirs à Damas, à Mossoul ou en Égypte. Leur style est celui des œuvres persanes de la même époque : une ornementation d’inscriptions grêles où se jouent des arabesques et des entrelacs de la plus extrême finesse, si surchargées, si emmêlées que, sans le ton tranchant des ors, il serait souvent difficile d’en suivre les évolutions. On exécute ainsi des lampes, des vases de cuivre rouge ou jaune, des armes, des coupes de toute sorte; et à partir de cet instant chaque pièce est signée par le graveur.

C’est surtout par les œuvres datées du règne du sultan Kalaoûn qu’on peut juger de la perfection à laquelle atteignit un instant la damasquinerie égyp-

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