VI . — LES ARMES
Aucune des armes arabes primitives ne nous est restée. Ce qu’elles furent? Les épées, des lames longues et larges, mais dépourvues de luxe et de style, voire même plus ou moins ébréchées. Dhoul-Fikar , l’épée légendaire, est à deux tranchants, ainsi que son nom l’indique, ce qui prouve que c’était déjà là une recherche. Toutes disparurent dans le pillage du trésor
de Mostanser-b-Illah. Les seules dont l’ensemble puisse former panoplie sont celles du dernier sultan borjite Toman-Baï : son casque, sa masse d’armes, sa lance, son poignard et son djokan. Le casque est à timbre oriental arrondi sans visière (fig. 1 33) et vient
de Damas. Sur son devant, une vis retient la languette d’acier qui s’abaissait pendant le combat sur le visage afin de le préserver des coups de taille, tandis que le cou se trouvait protégé par un tissu d’acier. Le djokan (fig. 1^4) est un fer recourbé dont les cavaliers arabes se servaient avec infiniment d’adresse pour briser les cottes de mailles. La lance (fig. 1 3 5) ressemble à une arme de tournoi — la lance gracieuse — plus qu’à une arme de combat. Sa hampe est habillée de velours cramoisi et enroulée, d’un cordonnet de soie vert et blanc. Quatre colonnettes la relient à la lame, elles représentent la kaâbah de la Mekke. Une boule située au-dessous et une amulette fixée au cordonnet renfermaient chacune une relique du Prophète; la boule, un peu de terre de sa tombe; l’amulette, un morceau de son manteau. Quant au poignard, sa lame ondulée et nervée, son manche d’agate
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