‹ L'art byzantinChapitre 127 sur 151 · LIVRE V. — CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE V. — CHAPITRE I

et, dans les deux grandes villes de Kief et de Novgorod, des églises succe'dèrent aux idoles des anciens dieux.

A ce moment, Pan qui se manifeste en Russie eit d'importation étrangère, comme les croyances qu'il exprime. Jusque-là, les Russes n'avaient guère connu que les constructions en bois. Ce furent des architectes byzantins qui élevèrent les premières églises en pierre et en maçonnerie, des peintres byzantins qui les décorèrent. L'église de la Dîme, à Kief, celle de Sainte-Sophie à Novgorod, dont le prêtre grec Joachim dirigea la construction, furent les premiers monuments le cet art religieux. Sous laroslaf le Grand (10 16- 1054), successeur de Vladimir, Kief devient une ville d'aspect impérial. « laroslaf voulut faire de sa capitale une rivale de Constantinople. Comme Byzance, elle eut sa cathédrale de Sainte-Sophie et sa Porte d'or. Adam de Brème l'appelle « cemula sceptri Constantinopolitani et clarissimiim deciis Grœciœ... » laroslaf n'a pas assez d'artistes grecs pour décorer tous les temples, pas assez de prêtres grecs pour les desservir. Kief est alors la ville aux quatre cents églises qu'admiraient les écrivains d'Occident... La merveille de Kief c'était Sainte-Sophie. Les mosaïques de l'époque d'Iaroslaf subsistent encore, et l'on peut admirer « sur le mur indestructible » la colossale image de la Mère de Dieu, la Cène où le Christ apparaît double, présentant à six de ses disciples son corps et aux six autres son sang, les images des saints et des docteurs, l'ange de l'Annonciation et laVierge. Les fresques conservées ou soigneusement restaurées sont encore nombreuses et couvrent de toutespartsles piliers, les murailles et les voûtes à fond d'or. Toutes les inscrip-

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tions sont non pas en langue slavonne, mais en grec '. » Cependant, Tart russe ne devait point se contenter de reproduire l'art byzantin. Dans l'architecture et dans Pornementation, il prit bientôt un aspect original, et, aux éléments venus de la Grèce, s^en mêlèrent d^autres d^origine orientale, parfois même occidentale. La Russie est en relations continues et directes avec TAsie, elle lui emprunte d'une main et de Tautre à Byzance*. De bonne heure TEglise russe ne rappelle plus que par certains traits TÉglise grecque : la coupole s''y transforme, d'hémisphérique elle devient bulbeuse; elle ne repose plus sur des pendentifs, mais sur une série d'arcs superposés qui ménagent la transition entre le plan circulaire et le plan carré. Partout s'offrent au regard non plus des arcs en plein cintre, mais des arcs brisés. Dans toutes ces formes (et je ne signale que les principales), l'influence de la Perse, de l'Asie centrale, de rinde même s'exerce aux dépens de Byzance. De bonne heure aussi les Russes, quand ils veulent construire de beaux édifices, s'adressent parfois à l'Occident. Un des premiers grands-ducs de Vladimir sur Kliazma, André Géorgiévitch, appelle des maîtres lombards pour bâtir la cathédrale de l'Assomption de la Vierge, Ouspenskoï Sobor (ii38-i i6i), qui existe encore. Ainsi introduite dans cette région, l'architecture occidentale n'en disparut point, mais elle se combina avec les formes qui yexis-

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