FIGURES DE 3AINTS. JOB ET SA FEMME
(Bibliothèque nationale, u* siècle.)
vérité. Enveloppée de longs vêtements transparents, sous lesquels se dessinent les formes du corps, une jeune fille danse en agitant des cymbales.
Un psautier grec de la même époque est enrichi de miniatures, dont quelques-unes remportent peut-être encore sur celles du manuscrit de saint Grégoire. Tous les sujets se rapportent à Thistoire des prophètes de Tancienne loi. Une des compositions les plus ravissantes représente David qui garde son troupeau en jouant de la harpe. Près de lui, appuyant la main sur répaule du berger, une jeune déesse, la Mélodie, inspire ses chants : le costume antique laisse à découvert son bras, le haut de sa poitrine, d'un modelé ferme et gracieux; la tête est à demi inclinée et un doux sourire anime la beauté régulière du visage. Au second plan, derrière une fontaine, se cache une femme dont on n'aperçoit que la tête et qui écoute David. Dans un des coins du tableau, un jeune dieu est étendu sur le sol, à demi nu, la tcte couronnée de feuillages; il personnifie la montagne de Bethléem. Tout autour s'étend un paysage plein de fraîcheur et d'ombre. On est loin ici des mosaïques de Saint-Vital, plus loin encore des compositions que répétera plus tard Tart byzantin : il semble, au contraire, que l'artiste ait voulu écarter tout ce qui rappelle la grandeur, l'étiquette, la symétrie majestueuse, pour ne rechercher que la grâce et la vie sous leurs formes les plus naturelles. Assurément, si on ne connaissait le contenu du manuscrit, on se croirait en présence d'une idylle de Théocrite bien plutôt que d'une scène biblique.
Ailleurs, c'est Isaïe qui prie, et ici se retrouve le