FIG. 47. DAVID ET LA MELODIE
(Bibliothèque nationale, ix'' ou x» siècle.)
élancée. Par un singulier contraste, autour de son visage païen, eflleurant ses épaules nues, se développe le nimbe chrétien, tandis qu'elle tient au-dessus de sa
i5o L'ART BYZANTIN.
tête un voile tout parsemé d^étoiles et dont la brise gonfle le tissu léger. De l'autre côté, un jeune enfant, un Éros sans ailes, tient une torche et représente le Point du Jour. Dans les autres miniatures de ce même manuscrit se rencontre encore ce goût des personnifications, comme si Partiste jugeait imparfaite toute composition où ne figurent pas ces divinités antiques converties à la foi nouvelle : ici, c'est la Force qui assiste David combattant Goliath ; ailleurs, la Sagesse et la Prophétie l'entourent et le conseillent. Si l'artiste peint le Passage de la mer Rouge, une femme qui tient une rame représente la Mer, tandis qu'un homme nu, l'Abîme, s'empare de Pharaon; sur le sol est assis le Désert et dans le ciel plane la Nuit.
Ces compositions, destinées à des nianuscrits de grande valeur, étaient appréciées des contemporains. Après les avoir admirées, on les imitait, et des artistes de moindre mérite reproduisaient les chefs-d'œuvre qu'avaient imaginés les maîtres du temps. C'est ainsi que, sur un psautier de la Vaticane, se retrouve Isaïe priant entre la Nuit et le Point du Jour : mais la copie ne vaut point le modèle.
L'influence du passé est si sensible dans ces manuscrits et dans les autres oeuvres de la même école qu'on s'est demandé s'il ne fallait pas lui attribuer tout le mérite des qualités qui s'y remarquent. Si bien des figures ont de la noblesse, de la beauté, de la grâce, c'est qu'elles auraient été copiées d'après des monuments antiques ; les défauts seuls et les incorrections appartiendraient en propre aux artistes byzantins. Ceux qui tiennent ce langage oublient que, pour bien copier