CONCLUSION DU QUINZIEME VOLUME DE LA GRAMMAIRE DES STYLES
Le role de l’art byzantin dans l’histoire de l’art est considérable. A partir du VI° siécle, Byzance a joué pour |’Occident un réle d’initiatrice et c’est par elle que tout le monde chrétien a connu l’art oriental. Pendant treize siécles l’art byzantin brillera d’un vif éclat malgré quelques éclipses. On a vu |l’importance de son expansion, comparable a celle de l’art gothique au XIIIe siécle.
L’art byzantin a créé un type d’édifice d’une conception entiérement nouvelle avec |’église Sainte-Sophie de Constantinople ; et, pour des églises de dimensions moyennes, il imagina le plan en croix grecque dont la fortune fut immense et qui fut adopté pendant des siécles dans une grande partie de !’Europe.
Comme I’art musulman (avec lequel il a plus d’un point commun), l’art byzantin, pour décorer ses édifices, a écarté toute mouluration ; il a préféré la couleur aux reliefs et a couvert les surfaces murales de ses édifices d’un splendide revétement de mosaiques, décor somptueux qui lui est assez particulier.
L’art byzantin, il faut bien le reconnaitre, n’est pas dénué d’une certaine froideur ; on n’y sent pas, comme dans |’art antique, la recherche et le culte de la beauté et, le plus souvent, il ignore la nature comme source d’inspiration.
On a reproché 4 tort a l’art byzantin d’étre un art monotone, figé dans des régles immuables ; on a pu se rendre compte dans le cours de cette étude combien, au contraire, il avait évolué et comment il s’était renouvelé 4 plusieurs reprises durant le cours des siecles.