‹ L'art chinois (volume 2)Chapitre 28 sur 107 · BRONZK MUSULMAN. XV" SIECLE · texte numérisé non relu

BRONZK MUSULMAN. XV" SIECLE

(Collection tie M. Scbefer.)

lot, des renflements de col, des évasements de bords, des courbes d'anse, des panses sphériques ou lenticulaires, des couvercles piriformes, que ni Part ancien ni Part bouddhique n'avaient connus. En même temps apparurent, dans le décor, des motifs plus cursifs, des arabesques plus variées, des rinceaux d'une élégance plus allongée; le style des bordures devint plus savant;

ce qui concerne plus particulièrement les rapports de la Chine et de la Perse au xiv" siècle, voy. E. Quatremère, Hist. des Mongols de la Perse, par Raschid Eldin, 2" partie, xc (collection orientale).

on vit aussi figurer dans rornementation quelques fleurs qui n'y avaient point paru jusqu'alors, des palmes, des pampres et quelquefois même des tulipes et des iris.

Les objets où les styles arabe et persan se révèlent le plus clairement sont des aiguières (voy. p. 79 et 240), des surahés (voy. p. 77), des gourdes plates (voy. p. 21 5) et certains brûle-parfums posés sur des plateaux à larges bords.

On trouve assez fréquemment en Chine, particulièrement dans les provinces septentrionales, des bronzes décorés de caractères arabes. Ce sont des vases servant au culte islamique. La religion de Mahomet a été importée en Chine, ainsi que nous Tavons vu, vers Tan 6 1 8, par Saad ibn abou Ouaccas ; mais la prédication de ce saint personnage, se produisant au moment de la plus grande ferveur bouddhique, ne se répandit guère en dehors de la ville de Canton. Une immigration de colonies iraniennes, qui se continua presque sans intermittence du XIII' au xvi<^ siècle, peut être considérée à plus juste titre comme Porigine véritable de rétablissement de la foi musulmane dans TEmpire du Milieu. Aujourd'hui, les Mahométans constituent, dans le nord de la Chine, le tiers de la population; dans le sud, ils sont en bien plus faible proportion.

Trois pièces composent les garnitures de vases destinés au culte musulman : une boîte à renfermer les parfums, une cassolette pour les brûler, un vase pour mettre les spatules de bronze avec lesquelles on prend Tencens et Ton attise la braise.

Le décor se compose de larges cartouches où sont gravés, en caractères arabes, des versets du Coran. 11

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n^ ^» pas d'autre ornementation, sinon parfois, sur le bord, une grecque ou une arabesque.

Les familles musulmanes placent ces vases sur leurs autels domestiques.

M. Schefer, directeur de TEcole des langues orientales, possède une précieuse collection de bronzes musulmans provenant de Chine. Les spécimens représentés ci-dessus lui appartiennent; ils datent des premières années du xv^ siècle, ainsi qu'en font foi les marques gravées sous la base.

Nous pouvons citer encore, parmi les œuvres de bronze où se révèle l'influence arabe, quelques-uns des instruments astronomiques conservés à l'Observatoire de Pékin et, en particulier, une grande sphère céleste de six pieds de diamètre supportée par quatre dragons de bronze qui sont d'un modelé vigoureux et souple. Ces instruments ont été construits, vers l'an 1280, sous la direction des astronomes arabes que l'empereur Hou-pi-lie (Koubilaï-khan) entretenait dans son palais ^

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