COUPE DE JADE
(Collection de M. le vicomte <ic Semallé,)
orales, rapporte en effet qu'un jour Tse-Kong, son disciple, le questionna en ces termes :
« Oserais-je vous demander pourquoi le sage estime le jade et ne fait aucun cas de la pierre liiien^? Serait-
I. Cette pierre, qui a l'aspect du jade, n'en a ni la dureté ni
i^o L'ART CHINOIS,
ce parce que le jade est rare et que la pierre hue/i est très commune? » Confucius répondit : « Ce n'est pas parce qu'il y a de la pierre hiien en abondance qu'elle n'a aucun prix, ni parce qu'il y a peu de jade qu'il est très estimé; mais c'est parce que, dés les temps anciens, le sage a comparé la vertu au jade. A ses yeux, le poli et le brillant du jade figurent la vertu d'humanité; sa parfaite compacité et sa dureté extrême représentent la sûreté d'intelligence; ses angles, qui ne coupent pas, bien qu'ils paraissent tranchants, symbolisent la justice; les perles de jade, qui pendent au chapeau et à la ceinture, figurent le cérémonial; le son pur et soutenu qu'il rend quand on le frappe et qui à la fin s'arrête brusquement est l'emblème de la musique *; son éclat irisé rappelle le ciel ; son admirable substance, tirée des montagnes et des fleuves, représente la terre... Voilà pourquoi le sage estime le jade. )>
Les objets rituels et officiels, fabriqués en pierre de jade, peuvent être classés en deux catégories : les uns étaient employés dans les" cérémonies du culte civil, les autres servaient d'insignes hiérarchiques aux fonctionnaires qui en étaient porteurs.
Parmi les premiers étaient principalement les coupes ts'io et les vases neï-yen-you (voy. pour la forme de ces objets le chapitre des bronzes), et enfin les instruments de musique dont se composaient les orchestres religieux.
l'éclat. On l'appelle aussi « pierre de lard » (voy. plus loin); c'est la « pagodite » de Brongniart.
I. 11 est à remarquer, en effet, que les vibrations sonores du jade ne s'éteignent pas progressivement comme celles des métaux, mais qu'elles cessent tout net.
LES PIERRES DURES