PETIT VASE A POUDRE DE THE
famille rose.
ROSE. Le rétine de (période young-tching, i723-i73<îO
- . , (CoUcctioa de M. L. Gonse.)
Young-tching est la
belle époque de la famille rose, dont nous avons déjà
parlé au paragraphe précédent.
A côté du rouge et du rose tirés du chlorure d'or,
les peintres se servent du bleu pâle, du vert tendre, du lilas clair. Le décor habituel consiste en fleurs, en animaux, en arabesques et en rinceaux, d'une grâce charmante de composition et d'une harmonie délicieuse
de couleurs. Ces porcelaines sont peintes d'une touche légère , avec des émaux translucides, presque aqueux, qui rappellent la fraîcheur délicate des tons de l'aquarelle. Parfois, de grands sujets se développent sur la panse des vases : des personnages, historiques assistent à quelque cérémonie de cour, ou combattent dans une mêlée de chevaux et de guerriers. Souvent aussi, la scène est empruntée à quelque poésie célèbre, comme la Chanson des Lotus, de Ouang tchangling,ou celle du C/?<i^r/«, de Litaï-pe: elle se déroule alors dans un paysage aux teintes fines et douces, dans une nature où les tons sont légers et diaphanes, où les formes sont toujours sveltes et délicates. Les drames de l'époque classique offrent également aux peintres de la famille rose d'heureux motifs de décoration, et en particulier le Pi-pa-ki, litt. « l'Histoire du luth », et le Si-Siang-ki, litt. '< l'Histoire du pavillon d'Occident », La gracieuse
TAB ATI ERE
en porcelaine coquille d'œuf.
(période YOUNC-TCHING,
(Collection de M. L. Gonse.)
LA CERAMIQUE. ait
héroïne de ce dernier ouvrage se retrouve à tout instant, sur le flanc des potiches de cette classe, apparaissant à son amant telle que la dépeint le poète : « Elle incline avec grâce ses épaules parfumées et sourit en tenant un bouquet de fleurs. Ses sourcils, noblement arqués, s^arrondissent comme la lune nouvelle... Déployant comme une habile danseuse ses membres souples et gracieux, elle ressemble à un saule qui se balance au gré du soir. »
3" Les porcelaines k coquilles d'œuf », à la fabrication desquelles les artisans des époques précédentes s^étaient déjà essayés, apparaissent dans toute leur perfection à la fin du règne de Young-Tching, c'est-à-dire vers 1732. On les appelait des tho-taï-khi, « vases sans embryon ». « L'expression tho-taï (enlever l'embryon) veut dire qu'on enlève [tho] la matière qui constitue le vase brut [taï]^ et que ces porcelaines semblent seulement faites avec de l'émail*. » Le mot taï^ littéralement « embryon », désigne la matière qui constitue le corps ordinaire d'un vase de porcelaine brute, et sur laquelle on applique la couverte. Dans les « coquilles d'œuf », cette matière est réduite à la moitié de son épaisseur, et même, dans les pièces très fines, elle paraît tout à fait supprimée, comme si la porcelaine ne se composait plus que de glaçure. Les tho-taï-khi^ qui sont soit tournées, soit coulées, exigent une habileté et une légèreté de main incroyables de la part de l'artisan qui les confectionne. C'est la matière industrielle la plus délicate , la plus parfaite qui soit