‹ L'art chinoisChapitre 7 sur 106 · VASE RITUEL PORTANT L’EFFIGIE DU · texte numérisé non relu

VASE RITUEL PORTANT L’EFFIGIE DU

(Collection de M. II. Ccrnusclii.)

détail un motif ornemental, de sorte

t'aO-1 ’ I É.

que parfois on

ne retrouve plus du type originel que les yeux et la mâchoire. (Voy. p. 25.) »

Une des conséquences de la réglementation qui, en se perpétuant à travers l’histoire chinoise, a déterminé les formes et le décor des objets rituels, est de rendre presque impossible toute attribution de date aux bronzes de cette sorte qui ne portent point d’inscriptions. Souvent même ces inscriptions sont insuffisantes à déterminer exactement l’époque où elles furentgravées, soit par la concision symbolique de leur style, soit par l’impossibilité ou sont les sinologues et les Chinois eux-mêmes d’en fixer le sens.

Les éléments principaux des bronzes primitifs étant ainsi déterminés, il nous est permis d’aborder maintenant l'étude des spécimens qui nous ont été transmis à travers les générations ou dont des dessins authentiques nous donnent la copie.

Ces spécimens, dont les types ont été arrêtés sous la dynastie des Tcheou qui gouverna la Chine pendant 879 années, de 1134 à 255 av. J.-C., et quelques-uns même sous la dynastie des Chang qui régna de 1783 à 1 i3q, peuvent se classer en deux catégories : i° Les bronzes rituels;

20 Les bronzes honorifiques.

Les premiers étaient destinés exclusivement et servent encore aux cérémonies du culte officiel ; les autres participaient au culte des ancêtres ou étaient offerts par l’Empereur aux dignitaires de l'État et aux personnages ayant rendu d'importants services.

i° Les bronzes rituels étaient de formes ditférentes suivant qu’ils devaient contenir le vin, les fruits, le

grain bouilli, les animaux sacrifiés, offerts au Sou-

VASE TF. OU.

(D’après le Ta-Thsing-hoiul-ticn.)

verain Suprême, aux Dieux des Vents, des Montagnes, etc.

Voici les principaux types de ce genre :

Les vases ts'ouen. Il y en a de six espèces.

ail

a. — Le tchon-ts’ouen est un vase sans pieds, avec deux

têtes d’animaux en guise d’anses.

Il est destiné à contenir le vin.

b. — Le houts'ouen , destinéau même usage, est décoré de nuages gravés à. la pointe et de licornes sculptéesen relief.

c. — Le siangts’ouen, ou « vase de l’éléphant » , est ainsi nommé parce qu’il est supporté par l’animal de ce nom.

Il n’est pas étonnant que l’éléphant ait été connu en Chine du temps des Tcheou, puisque des rapports existaient déjà, à cette époque, avec les pays de l’Indo- Chine.

d. — Le chan-ts’ouen , ou « vase de la montagne »,

VASE TSOUEN.

(Collection de M. H. Ccrnuschi.)

LE BRONZE

porte comme décor des profils de montagnes gravés à la pointe, et des grecques.

e. — Le lii-ts'ouen, ou « vase de la victime », recevait la forme de l’animal au sacrifice duquel il figurait. (Voy. p. 19 et 21.)

Quatorze sortes d’animaux pouvaient ainsi être sacrifiées subies autels: le cheval, le bœuf, le mouton, le porc, le chien, le coq, le cerf, l’ours, le sanglier, l’antilope, le lièvre, la caille, le faisan et le pigeon.

Le corps du vase servant à recevoir le sang de la victime était fixé sur le dos de l’animal.

f. — Le taï-ts’ouen , ou « grand vase », avait la forme d'une jarre, sans ornement, et contenait de l’eau.

Il faut encore classer parmi les ts'ouen un vase de la collection Cernuschi, qui est d’un aspect très archaïque. C’est un vase à panse large, surmonté d'un couvercle; le décor se compose d’un semis d'umbos recouvrant toute la surface, et d’une grecque se déroulant à la base. Mais ce qui fait l’intérêt particulier de cette pièce, ce sont les empreintes de deux mains creusées dans les flancs du vase pour aider à le saisir et, sans doute aussi, à le porter dans les cérémonies religieuses. Ces empreintes sont admirablement prises; il s’y voit encore des taches d’or. Dans l’intérieur du couvercle est gravée une inscription en caractères antiques1.

1. Cette inscription, comme d'ailleurs presque toutes celles qui datent des premiers temps des Tcheou, est intraduisible. Les archéologues chinois eux-mêmes ne craignent pas de reconnaître que le sens des caractères kou-ouen est le plus souvent impossible à restituer et que, pour fixer l’époque des objets qui les portent,

JO

L'ART CH INOIS

Les vases tsio. de forme assez élégante, ressemblaient à un casque renversé monté sur trois pieds. Ils servaient aux libations.

Page 1