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VASE DE PORCELAINE, BLEU ECLATANT, FLEURS ET FEUILLAGE STYLISÉS

Haut. 42 cent. D 10, diam. 23 cent. 12.

FIG. l34. VASE DE PORCELAINE BLEUE ET BLANCHE, l)BA(;ONS

A QUATRE GRIFIES SORTANT DE LA MEH Marqué au-dessous d'une feuille et d'un cordon.

Haut. 44 ccnl. 3 4, diam. !!.• cent. i'i.

dans la Classe I, Section F : glaçures de différentes couleurs appliquées sur biscuit. Il existe un spécimen fameux de ce procédé de décoration en vernis de plusieurs couleurs : c'est la célèbre image de Kouan Yin, placée dans le sanctuaire du temple bouddhiste de Pao-kouo-sseu, à Pékin, et dont la date — xiii^ siècle de notre ère — est garantie par les annales du monastère.

On usait de la décoration peinte avec plus de parcimonie encore, bien que, d'après le Ko kou yao louen^ dans la province du Tcheli, les porcelaines de Ting-tcheou et de Ts'eutcheou fussent parfois, à cette époque, décorées de motifs de couleur brune.

Le bleu de cobalt, disent les annales, fut apporté en Chine par les Arabes dès le x^ siècle ; on l'employa probablement tout d'abord pour la préparation des couvertes colorées, puisque nous ne connaissons aucune peinture bleue sous couverte avant la dynastie des Yuan. La première porcelaine « bleue et blanche » date du xiii'' siècle ; c'est vers ce moment que les procédés techniques de peinture de cobalt sur la porcelaine crue semblent avoir été importés, peut-être de Perse, où depuis longtemps on les employait pour la décoration des tuiles et autres articles de faïence, bien que la porcelaine proprement dite y fut encore inconnue si ce n'est comme article d'importation chinoise.

Les poteries furent nombreuses en Chine sous la dynastie des Song, mais les écrivains chinois en citent toujours quatre principales pour la production céramique {yao), qui sont: JoLL, Kouan, Ko et Ting; viennent ensuite les céladons de Long-ts'iuan, et les faïences flambées de Kiun-tcheou ; on relègue dans un appendice les autres manufactures moins importantes, que nous pouvons passer sous silence.

Le /oi^Yi^o était la porcelaine fabriquée àJou-tcheou, maintenant Jou-tcheou fou, dans la province du Ho-nan. La plus belle était bleue; elle rivalisait, dit-on, avec les fleurs

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azurées de l'arbuste vitex incisa^ la « fleur bleu-ciel » des Chinois, et continuait la tradition des célèbres Tch'ai Yao de la dynastie précédente (voir p. 200), que Ton fabriquait dans la même province. La couverte, unie ou craquelée, était souvent posée en couches si épaisses qu'elle coulait comme de la graisse fondue et finissait en une ligne irrégulière avant d'atteindre le bas du vase.

On s'en rendra compte sur l'exemplaire de la figure iio, choisi dans ma propre collection, bien que la couverte soit ici un céladon craquelé, sans aucune teinte de bleu\ C'est un vase bouddhiste de porcelaine Jou-tcheou, au relief vigoureux, avec un cercle de douze figures debout, rangées autour de la panse ; un Gâkyamouni assis , assisté de deux serviteurs, orne le col avec des fleurs de lotus et des serpents ; contre le rebord, un dragon veille sur un disque porté par des nuages stylisés. Le céladon vert grisâtre et finement craquelé se termine en une onctueuse ligne courbe, avant d'atteindre le pied du vase. Sur le support en bois de rose on lit, gravé en lettres d'or : Joa-yao Kouaii Yin tsouen, « vase Kouan Yin de porcelaine Jou (tcheou) )). Au-dessous, en relief, le cachet de Lieou Yent'ing, savant et fameux antiquaire, à la collection de qui il appartenait autrefois.

Le Kouan Yao désignait la « fabrication impériale » de la dynastie des Song ; kouan, en effet, signifie « ofticiel » ou « impérial » ^ La première manufacture de la dynastie des Song fut fondée au début du xi*^ siècle, dans la capitale Pien-tcheou, le moderne K'ai-fong fou. Quelques années plus tard, la dynastie fut chassée dans la direction du sud par les Tartares ; il fallut fonder de nouvelles manufactures dans la

1. La teinte de la couverte de ce vase et de quelques autres spécimens typiques de porcelaine Song est bien reproduite dans le frontispice en trois couleurs de la Chinese Porcelain de Cosrao Monkhouse (Cassell and C^, 1901).

2. Ce terme s'applique encore aux produits des fabriques impériales de King-to-chen.

nouvelle capitale, le moderne Hang-tcheoufou, afin de fournirle palais de services de table. La couverte des Kouaii Yao primitifs était onctueuse et riche, généralement craquelée ; parmi ses diverses teintes monochromes, le yue-po ou c( clair-de-lune » était la plus estimée ; venaient ensuite le /'e7^-^5'i/^^(c pourpre pâle )),le ta-lu^ « vert émeraude » (littéralement (( gros vert »), et enfin le houei-sô, « gris ». Les Kouan Yao de Hang-tcheou étaient composés d\ine pâte rougeâtre revêtue des mêmes glaçures ; nous rencontrons constamment la description de vases et de coupes au pied couleur de fer et au col brun : sur ces parties, la couche de glaçure était plus mince.

Une caractéristique curieuse de toutes ces couvertes consiste en verrues rouges dues aux oxydations fortuites qui se produisaient dans les fours; elles contrastent vigoureusement avec le fond environnant. Le hasard peut donner à ces verrues des formes naturelles, par exemple celle d'un papillon ; on les classe alors comme une variété de yao pien, ou « transformations de four ».

Les Ko Yao de la dynastie des Song étaient des porcelaines craquelées que fabriquait un potier nommé Tchang l'Aîné, natif de Lieou-t'ien, dans la juridiction de Longts'iuan-hien, au xii® siècle de notre ère. Le Ko Yao primitif se distinguait spécialement par sa craquelure et semblait (c brisé en cent morceaux » {po-souei), ou « pareil aux œufs d'un poisson » [yu-tseu) ; c'est le « truite » français. Ses couleurs ordinaires étaient le fen-tsHng, « pourpre pâle », dû au cobalt manganifère, et le mi-sô, « couleur de millet », jaune brillant dérivé de l'antimoine.

Tel était à Torigine le Ko Yao, Depuis, le nom s'est

I. Le Yuan Ts'eu ordinaire, « porcelaine (de la dynastie) Yuan », des collectionneurs chinois, ressemble généralement à la porcelaine impériale des Song ; elle affecte les mêmes formes et ne diffère que par sa grossièreté relative et par sa technique inférieure; il est inutile de nous y arrêter plus longtemps.

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étendu à tous les genres de porcelaines revêtus de vernis craquelés, dans toutes les teintes du céladon, du gris et du blanc ^

Le Ting Yao se fabriquait à Ting-tcheou, dans la province du Tche-li. Le plus grand nombre de ces produits étaient blancs ; mais il existait une variété d'un brun-rouge sombre, et une autre, très rare, noire comme de la laque. Les objets blancs se partageaient en deux classes : la première, appelée Po Ting ou Fen Ting, aussi blanche que la farine; la seconde, Ton Ting, d'une teinte d'argile jaunâtre. Cette porcelaine, à la pâte délicate et sonore, revêtue d'une glaçure de ton ivoirin, doux et moelleux à l'œil, est plus répandue dans les collections que les autres porcelaines Song. Les vases et les plats étaient souvent exposés au feu des fours, la tête en bas ; les rebords délicats que l'on n'avait pas vernis étaient ensuite protégés au moyen de cercles de cuivre. Quelques exemplaires étaient vêtus de blanc pur, la glaçure s'amassant à l'extérieur en forme de larmes ; d'autres s'ornaient de motifs décoratifs gravés en pleine pâte, à la pointe ; d'autres encore portaient, imprimés, des dessins compliqués, en relief vigoureux : pivoines arborescentes, fleurs de lys et phénix volants.

La planche 1 1 1 reproduit deux vases de porcelaine blanche de Ting-tcheou, qui m'appartiennent. Tous deux sont des copies de bronzes antiques ; leur pâte est légèrement gravée sous la glaçure aux minutieuses craquelures dont le ton crème a une douceur toute particulière. Celui de gauche se distingue par un fond ouvragé et par des bordures de grecque en spirale. Celui de droite, muni de deux anses en forme de dragons archaïques, porte de délicates branches de fleurs et de feuillages.

I. La vieille porcelaine craquelée était très estimée à Bornéo et dans les autres îles de l'archipel oriental, jusqu'à Céram ; on en trouve de nombreux spécimens parmi les anciennes porcelaines de Chine rapportées de ces pays pour nos musées.

FIG. l35. VASE DE PORCELAINE BLEUE ET BLANCHE. LIONS JOUANT

AVEC DES BALLES EN ETOFFE BRODEE En chinois : « Che-tseu koiien sieou k'ieou ».

Haut. 43 ccul. \Y\], diani. 22 cent. (>;10.

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