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CARACTÈRES DE L'ART TRIOMPHAL

Le goùl des Bgures allégoriques, déjà répandu aux trois premiers siècles, continue à se développer. Une lampe de bronze de Florence ;i la forme d'une nef suspendue par deux chaînes avec le mât et la voile latine ' : la poupe se termine en tête il oiseau et le Christ tient le gouvernail : une inscription au nom de Vale-

rius Severus, peut-être celui qui fut préfet de Home en o\S'2. permet de dater de la lin du îv siècle cette gracieuse figure de I Eglise". Une curieuse mosaïque funéraire de Tabarka représente, exécutée très naïvement, la coupe transversale dune basilique avec la colonnade de sa nef, son autel sur lequel flambent trois cierges, son abside précédée de l'arc triomphal, son pavement orné de colombes affrontées. L'inscription : ECCLESIA MATER, « l'Eglise notre mère », indique qu'il s'agit non d'une église particulière, mais de la mère commune des fidèles, dont la défunte. Valentia. a été reniant \ De même 1 Ancienne et la Nouvelle Loi. personnifiées souvent dans la littérature ecclésiastique, apparaissent sur une mosaïque de Sainte-Sabine, à Rome, sous la figure de deux femmes tenant chacune un livre ouvert : on peut y lire en lettres détachées sur fond d or : Ecclesia ex gentïbus* ; Ecclesia ex circumcisïone. Les deux apôtres saint Pierre et saint Paul, dont chacun est le symbole d une de ces églises, les accompagnaient autrefois. La lutte du bien et du mal. que le poète espagnol Prudence chante dans un poème destiné à exercer dans l'art une influence si grande, la Psychomachie, n'est encore représentée que par quelques figures isolées de Vertus, principalement sur les fresques égyptiennes d El-Bagouat, où l'on voit Irène (la Paix), une croix ansée à la main. Euché la Prière). Dikaiosyné (la Justice) en marche, tenant une balance et une corne d'abondance ''. A Saqqarah, près de Memphis, les figures des Vertus théologales et cardinales entouraient un Christ de majesté6.

On voit par ces exemples quelle puissance nouvelle d'expression, quelle variété splendide de thèmes l'art chrétien a acquises depuis le début du IVe siècle. Les événements qui ont donné à l'Eglise une puissance spirituelle incontestée ont contribué à en faire un langage universel, qui sous les climats les plus divers, au milieu des races les plus différentes, devient le symbole vivant de la communion qui réunit tous les hommes dans une même foi. L'art des premiers siècles n'entretenait guère les fidèles que des espérances de l'au-delà ; désormais l'art chrétien est un système complet d'enseignement, une théologie en images, une apologétique figurée où toutes les vérités essentielles sont rappelées par des images maté-

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