LE MOBILIER LITURGIQUE KN ROUMANIE
une immense armée de cavaliers vêtus à la turque ei traînant une forte artillerie Enfin cette iconographie si originale fait une place aux saints nationaux, comme
saint. Iran le Nouveau, martyrisé par les Tartares au début du \i\ siècle pouravoir refusé d'abjurer le christianisme et devenu un îles saints les plus populaires de Bucovine. Ses reliques
sont conservées à Saint-Georges de Suceava et l'on montre au monastère de Poutna la châsse en bois de cyprès, exécutée en 1402 par ordre d'Alexandre le Bon. où elles avaient été d'abord renfermées. Sa légende est racontée en détail sur les fresques extérieures de Voronets.
La Roumanie a donc eu. comme la Russie, une véritable passion pour l'iconographie religieuse; mais c'est surtout dans cette pittoresque province de Bucovine que les vieux thèmes byzantins ont été renouvelés et développés : la naïveté même.
duc à l'inspiration populaire, qui dislingue ces peintures, n est pas un de leurs moindres charmes.
Mais la peinture murale n a été qu'un des domaines de l'iconographie religieuse. En Roumanie, comme dans tout l'Orient chrétien, elle a orné en outre les moindres objets du mobilier liturgique, et.
malgré les ravages du temps et des Fig. 93. — Porte en bois sculpté de Snagov [Roumanie ,. . .... î î . Musée de Bucarest 1452
dispersions inévitables, on peut voir L'Annonciation avec David et Salomon.
encore dans les églises et les musées
de Roumanie d'admirables monuments qui attestent l'habileté et le goût des artistes moldovalaques fig. 93 . Un trésor merveilleux est encore conservé au monastère de Poutna fondé par Etienne le Grand dans un site romantique des Carpathes, et ses plus belles pièces sont des donations du fondateur lui-même.
1. Tafrali. Le siège de Constantinople dans les fresques des églises de Bucovine Mélanges Sclilumberger, p. 456 . — Grecu. Eine Belagerung Konstantinopels in der rumanischen Kirchenmalerei [Byzantien, I. 273 .