‹ L'art chrétienChapitre 195 sur 442 · Schlumberger. Epopée byzantine. I. p · texte numérisé non relu

Schlumberger. Epopée byzantine. I. p

4. Dieulafoy. Espagne et Portugal Ars Una). Paris, 1913, p. 85. fig. 179.

5. Le Blant [Mélanges d'Archéologie et d'Histoire, III, pi. IX .

■Ji'i PRINCIPAUX THÈMES ANTIQUES

sont donc fréquentes sur les monuments carolingiens. Toile esi l'origine des nombreuses allégories ei des scènes de genre qui se mêlenl aux représentations religieuses sur les miniatures : le type de la « Tyché » antique à couronnes murales revit dans les Bgures des provinces qui entourent le trône impérial sur les Bibles et les Evangéliaires dédiés aux souverains'. Dans la Bible de Charles le Chauve Paris. Bibliothèque nationale une coupe surmontée de deux colombes rappelle la mosaïque des colombes du Capitolesqui avait inspiré au vr siècle le décorateur du mausolée de dalla Placidia à Ravenne Cf. li,^. 98). Les divinités marines, les tritons, les amours, les figures des Vents cl des Vertus se rencontrent dans le même manuscrit. Sur l'Evangéliaire de Lolhaire (Paris, Bibliothèque nationale', un Bellérophon monté sur Pégase reproduit un camée antique.

Cette tradition s est maintenue à l'époque romane. Le goût pour les œuvres antiques a été d'autant plus vif qu'on n'hésitait pas à donner une explication chrétienne d'un grand nombre de motifs mythologiques : Germanicus et Agrippine siii- une intaille devenaient saint Joseph et la Sainte Vierge : Germanicus enlevé au ciel par I aigle de Jupiter était 1 évangélisle saint Jean3. Les monuments romains et les intailles conservées dans les trésors des souverains ou des églises ont donc été mis à contribution parles sculpteurs et les miniaturistes, mais ce fut surtout dans quelques provinces, en Bourgogne, en Auvergne, en Languedoc, en Provence, en Lombardie et aussi aux xc et XIe siècles dans les monastères saxons que la copie de l'antique atteignit sa plus grande extension. A Hildesheim 'Saxe une colonne de bronze fut exécutée par ordre de lévéque Bernward (mort en 1023], sur le modèle de la colonne Trajane ; l'histoire du Christ s y déroule en spirale, mais il n y a aucune vie dans les figures courtes et de faible relief qui la recouvrent.

En Bourgogne et en Provence au contraire certains chapiteaux du xn' siècle, ornés de feuillages ou de figures décoratives, sont des images vraiment fidèles des modèles antiques qui les ont inspirés. L'ornementation de la façade de Saint- Trophime d'Arles est conforme à la tradition gallo-romaine : les statues des apôtres, avec leurs draperies en forme d écharpes remontant sur l'épaule gauche. reproduisent des portraits de rhéteurs dont quelques-uns sont conservés au musée d Ailes: une ligure nue de jeune homme, le bras gauche relevé au-dessus de la tête, placée sur le stylobate au côté gauche du portail, est empruntée à un sarcophage de la Chasse du sanglier de Calydon musée d'Arles) '. Les centaures, les griffons affrontés se montrent sur les chapiteaux de toutes les écoles, ainsi que les

1. Bible de Charles le Chauve Paris, Bib. nat.). Evangéliaire d'Otton III Biblioth. de Munich), etc.

2. Originaire de la villa d'Hadrien à Tivoli et inspirée d'une œuvre de Sosos de Pergame, ainsi ([ne la mosaïque pompéienne du musée de Naples.

3 Mûntz. Journal des Savants, 1888. p. 172.

4. Vôge. Die Anjânge monumentalen Styles in Frankreich, 1892. p. 110-112.

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