LA VIE PUBLIQUE
main. Ce n esi sans doute pas par un simple hasard que tous ces traits se retrouvenl sur certaines peintures des grottes de Cappadoce '. Le nombre des anges esi variable (deux sur la cuve de Saint- Barthélémy de Liège, un au portail de Notre-Dame du Port, à Clermont, trois au linteau du baptistère de Parme, quatre sur le tympan de Santa Maria délia Pieve d Arezzo . Un autel émaillé de Klosternenburg, exécuté en 1 1 SI par Nicolas de Verdun, montre saint Jean vêtu d'une peau de bête, ceint d'une grosse corde cl baptisant le Christ par infusion au moyen d une ampoule .
Une des plus belles interprétations romanes de ce sujet se trouve sur la cuve baptismale en bronze de Saint-Barthélémy de Liège, commandée par 1 abbé Ilellin entre 1 107-1 1 1<S et œuvre de Renier, orfèvre de Ilny . Inspirée de la mer d'airain du Temple de Salomon III Rois. 7. 23-25 . elle est supportée par douze taureaux vigoureusement modelés. Tout autour se déroulent les épisodes de la Prédication de Jean-Baptiste, le baptême des publicains. le baptême du Christ, ceux du centurion Corneille par saint Pierre et du philosophe Craton par saint Jean l'Evangéliste. Les figures sont peu nombreuses, mais leurs proportions excellentes, la noblesse de leurs lignes et leur expression pleine de vie leur donnent une place à part dans la sculpture romane. Au-dessus du Christ, la tête du Père en haut-relief apparaît dans un arc-en-ciel.
La vie publique de Jésus est. nous 1 avons vu. la partie la plus pauvre de 1 iconographie byzantine, parce qu elle est en quelque sorte en marge du cycle liturgique qui n en retient que les grands événements, le Baptême, la résurrection de Lazare, la Transfiguration. L'art occidental, au contraire, destiné avant tout à l'instruction catéchétique, lui a l'ait parfois une place plus importante. Sur les chapiteaux du cloître de Moissac on distingue les huit Béatitudes du Sermon sur la Montagne, les noces de Cana, la Tentation de Jésus, la résurrection de Lazare, la pèche miraculeuse, Jésus et la Samaritaine, laguérisonde la fille de la Chananéenne et du serviteur du centenier, les paraboles de Lazare et du mauvais riche et celle du bon Samaritain. Chacun de ces sujets est détaillé en plusieurs épisodes sur les quatre faces du chapiteau : l'artiste a fait un effort visible pour reproduire toutes les circonstances du récit évangélique. La résurrection de Lazare, par exemple, fournit quatre scènes : Marthe et Marie aux pieds de Jésus, puis courant vers le sépulcre, les disciples enlevant les bandelettes de Lazare sur Tordre de Jésus, enfin les Juifs manifestant leur étonnement '. Les Noces de Cana représentées
1. Sur l'origine syrienne de cette interprétation, voir Millet, Iconographie de l Evangile, p. 17(1 et suiv.. fig. 131 fresque d'Elmale-Klisse , et de Jerplianion. Epiphanie et Théophanie Etudes, janvier 1925 .