DU XIII SIÈCLE
I, Les conditions nouvelles du développement iconographique au XIIIe siècle. — II. Les programmes iconographiques : les règnes de la nature et de la grâce : Laon, Paris. — III. Les deux avènements du Fils de l'Homme : Chartres. Amiens. Bourges. — IV. Les souffrances du Christ opposées à son second avènement : Reims, Rouen. Strasbourg.
Ce fut seulement au xm° siècle que le programme de décoration encyclopédique et théologique conçu par les humanistes de l'époque carolingienne trouva son expression dans des ensembles grandioses et bien ordonnés, grâce aux conditions nouvelles où se trouva placé l'art religieux.
Et d'abord la renaissance de l'activité commerciale en Europe au xne siècle favorisa le développement des villes. Pour les besoins religieux des nouvelles agglomérations il fallut construire de nombreux édifices, cathédrales, églises, monastères, chapelles votives et funéraires. Les fondations dues à des princes, à des évéques, à de riches bourgeois se multiplièrent d'une manière prodigieuse : à la fin du xue siècle une ville comme Soissons ne comptait pas moins de vingt-quatre églises. La construction des églises prit un nouvel essor et les techniques ornementales atteignirent à une véritable perfection : la statuaire monumentale. Fart du vitrail, le travail de l'ivoire, l'émaillerie champlevée des ateliers limousins et rhénans, les étoffes brodées, les tapisseries vinrent rehausser la splendeur de la décoration et du mobilier.
Jusqu'à la fin du xue siècle les monastères avaient été les principaux centres du travail artistique. Avec la renaissance de la vie urbaine apparaissent les corporations laïques de tailleurs de pierres, maçons, charpentiers, imagiers, peintres, verriers, etc., qui travaillent sous la direction du personnage considérable qu'est devenu le « maître d'œuvre ». C'est surtout dans le nord de la France que s'élabore la nouvelle architecture gothique. La réputation des maîtres français est telle