FORMES DE LA DÉVOTION A LA VIERGE
déjà sous la forme de [a jeune Bile aux cheveux épars, les pieds sur les nuages e1
mtant vers le buste du Père Eternel. Autour d'elle sont les symboles poétiques,
[ont quelques-uns sont empruntés à l'Epître de la Fête de l'Assomption (Ecclé-
siaste. 24), le cèdre du Liban, le jardin de roses, la tige de .Jcssé. le miroir sans
tache, ele... '
Comme dans I art byzantin de Mistra, les parents de la Vierge et surtout sainte Anne sont glorifiés à côté d elle. Sur un vitrail de Saint- Vincent de Rouen (xvi° siècle), sainte Anne est couchée comme .lessé et de sa poitrine sort un arbre symbolique dont les branches portent ses trois filles et ses sept petits-fils. Nombreux aussi sont les groupes de 1 « Education de la Vierge ». montrant Marie adolescente auprès de sa mère qui lui apprend à épeler les lettres d'un livre fig. 220), Enfin une figure, plus étrange qu heureuse, montre sainte Aune portant sur les bras Marie qui tient à son tour 1 Enfant Jésus.
Le culte de la maison de Lorette apportée parles anges, qui apparaît à la lin du xvi'siècle, a donné lieu à îles représentations du miracle sur la cheminée d'une maison de Rouen et sur un vitrail de Saint-Etienne de Beauvais. La Dormition de la Vierge a été souvent représentée et on lui a même donné la forme d un groupe de statues de grandeur naturelle. Un de ees « Trépas » en pierre peinte, conservé à la Sainte-Trinité de Fécamp, est du peut-être au sculpteur Desaubeaux qui en avait exécuté un autre à (iisors en 1510. La scène a perdu toute la majesté que lui avait imprimée I art antérieur, pour prendre un caractère réaliste et familier. La figure du Christ est absente: Marie, avec deux angelots à son chevet, est étendue sur un lit drapé d'une couverture à fleurons d'or; saint Pierre, couvert dune splendide chape à orfrois, tient le livre et l'aspersoir et récite les prières des morts; un apôtre tient le rôle d'acolyte et gonfle ses joues pour souffler dans un encensoir.
l'In.t. Mon. ilul.
l' ig. 220 — L'éducation <lc laVierge. Groupe en pierre, wi siècle. Praslin Aube
1. rit-tables placés au-dessus des statues des deux Trépas de la Vierge exécutés vers 1510 par Pierre Desaubeaux à la Trinité de Fécamp et à (iisors. Voir page suivante. Une terre cuite alsacienne du xv° siècle Musée du Louvre. Sculpt. du Moyen Age. n" 538 montre déjà la Vierge debout sur le croissant qui caractérisera 1 Immaculée Conception.
TRÉPAS m I \ \ llHCK
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Les autres apôtres do ni quelques-uns portenl le chaperon fou-rré el le costume du U'mps de Charles YIII. se penchenl 1rs uns sur 1rs autres, comme pour mieux voir. Toute idée de mystère a disparu et il semble qu'on assiste à la morl de quelque riche bourgeoise, à laquelle le clergé de sa paroisse accompagné de parents el d'amis, vienl rendre les derniers devoirs. Aucune œuvre ne montre mieux la rup-
Utiche L. Bn-lrer.
Fig. 221. — Tri-pas de la Vierge. Église île la Trinité de Fécamp. Groupe en pierre peinte Ecole française, vers 1495).
turc avec les traditions anciennes1 fig. 221 . Dès 1480. d'ailleurs, le peintre flamand Hugo van der Goes modifie l'ancienne ordonnance de 'a scène en montrant de face la Vierge étendue sur un lit au-dessus duquel Jésus apparaît2.
D'après un récit de la Légende Dorée, un ange apparut à la Vierge trois jours avant sa mort pour lui annoncer qu'elle allait être réunie à Jésus. Cette seconde Annonciation a été sculptée par Orcagna en 1359 sur le tabernacle d'Or San
1. M. Paul Vitry Monuments Piot, VII] attribue ce groupe à Guitlo Mazzoni de Modène. L attribution à Desaubeaux résulte des comptes de la confrérie de l'Assomption de Gisors. où il avait sculpté un groupe semblable. (Blanquart. Conç/rès Archéologique de France . 1889. p. 378.) Le groupe de Fécamp a été repeint. La tète de l'apôtre qui ressemble à celle de Laocoon aurait été refaite ainsi que plusieurs autres au XVIIIe siècle. (A. Leroux L'abbatiale de Fécamp vue par un artisan. Fécamp, 1925.)
2. Musée de la cathédrale de Bruges. G'est le type qui a prévalu dans l'art moderne et qu'on trouve aussi dans le manuscrit de « la Fleur des Histoires » exécuté pour Philippe le Bon. (Biblioth. de Bruxelles 3576. f» 236 a.)