‹ L'art chrétienChapitre 84 sur 442 · LES ANGES · texte numérisé non relu

LES ANGES

aujourd'hui L'arc triomphal, encore orné des scènes de l'enfance du Christ, montre L'intention visible d'honorer la Vierge qui y apparaît, non plus couverte du voile sévère qui la distingue d'habitude, niais dans le costume dune princesse impériale, avec la tunique de soit' à larges manches sur laquelle hanche une lourde étole hrochée d'or, tandis que des perles merveilleuses ornent sa poitrine, ses oreilles et forment un diadème sur l'édifice savant de sa chevelure1.

Dés cette époque d'ailleurs la figure de la Vierge revêt des aspects variés. L'art n'a pas encore renoncé à peindre simplement, en dehors de toute préoccupation dogmatique, sa tendresse maternelle. La tradition de la peinture du cimetière de Priscilla revit dans un curieux chapiteau de granit oriental conservé à Ravenne, sur une face duquel une Madone se penche avec sollicitude vers l'Enfant qui s'agite dans ses bras avec une grâce mutine. Le nimbe uni entoure la tête des deux personnages et 1 Enfant est représenté entièrement nu, suivant la tradition hellénistique". La Vierge tenant l'Enfant dans ses bras orne des étoffes égyptiennes3 et desmédailles de plomb '. Une variété copte de cette figure est la Vierge de la Chronique alexQndrine qui. portant son enfant sur le bras gauche, lève la main droite en signe d'actions de grâce". Enfin, à côté de la Vierge mère de Dieu, l'art triomphal connaît aussi la Vierge orante, seule" ou entourée des apôtres Pierre et Paul7. Ce n'est que plus tard qu'on verra se développer ce type auquel s'attachera une idée d'intercession. La Vierge est aussi parfois représentée trônant au milieu des saintes femmes dans la gloire du Paradis, par exemple sur le couvercle du sarcophage d'Adelfia à Syracuse ' ive siècle . où ce tableau fait face à la Nativité. Ce monument est une manifestation du dogme de la virginité perpétuelle de Marie qui commençait à se répandre dans la littérature ecclésiastique *.

Comme pour accentuer encore le caractère triomphal du nouvel art religieux, on eut 1 idée au ive siècle d'emprunter à 1 ornementation païenne le type si gracieux de la Victoire qui. en changeant de sexe, devint l'ange dans l'art chrétien. Sur les peintures des catacombes les anges ressemblent aux autres hommes. A partir du iv" siècle, au contraire, ce sont des adolescents à la tête charmante encadrée du

les pieds de chacun, est l'instrument de sa passion. » De Bossi. Inscriptions chrétiennes de Rome, II, p. 71, 98, 139.

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