‹ L'Art d'accorder soi-mème son pianoChapitre 13 sur 98 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

tempérament inégal, qui, comme on l'a vu, s'est même prolongée jusqu'à nos jours.

Les praticiens proclamaient la supériorité du tempérament inégal, dans lequel les tons /à, ut, sol^ re\ la, mi naturels ]om'à&ddQni d'une grande justesse au détriment des autres. Ils en donnaient pour raison que, les tons les plus usités se trouvant parfaitement justes, ce tempérament procurait de la variété et de l'énergie lorsqu'on faisait usage des autres tons plus altérés, puisque les intervalles nous affectent différemment suivant leurs divers degrés d'altération. Plusieurs théoriciens, influencés par ces raisons, ne se prononçaient pas et se bornaient à rapporter les deux systèmes ; ceux, au contraire, qui ne consultaient que la théorie se prononçaient en faveur du tempérament égal ou moyen, dans lequel tous les tons sont également supportables et oià aucun n'est favorisé au préjudice de l'autre , de sorte que l'oreille n'est jamais blessée et que l'enchaînement des modulations est plus agréable. En effet, le vrai but du tempérament doit être de répartir l'altération sur le plus grand nombre possible d'intervalles, afin de la rendre moins sensible. Les orga-. nistes et les clavecinistes de ce temps, qui avaient peu d'exécution, pouvaient se contenter d'un petit nombre de tons faciles à jouer; mais aujourd'hui que nos pianistes jouent indifféremment dans tous les tons,. le tempérament égal devient d'une nécessité absolue, car nos compositeurs ne choisissent plus les tons faciles, comme nos anciens organistes, mais ils suivent leurs inspirations et écrivent aussi bien en fa dièse qu'en fa naturel, en ré bémol eX en la ùémol qu'en ut et en sol naturels.

INTRODUCTION. xxv

Par ce qui précède il est aisé de voir que pour trouver la meilleure manière d'accorder les instruments à clavier il fallait être théoricien, afin de profiter des lumières que procurent les mathématiques sur cet objet, et praticien, afin de puiser dans l'expérience journalière les moyens les plus propres à donner à l'oreille la facilité d'exécuter les préceptes de la théorie; et j'avoue que je m'estime heureux d'avoir fait une étude spéciale des mathématiques et de la musique avant de m'être livré à l'art d'accorder les pianos, car c'est de l'alliance de ces trois genres de connaissances que j'ai déduit la méthode sûre, simple et facile que j'offre aujourd'hui au public avec tous les développements nécessaires, et je n'ai rien admis dans cet ouvrage qui n'ait été sanctionné par ma propre expérience et soumis à l'analyse la plus minutieuse.

Pour rendre mon livre utile à toutes les personnes qui s'occupent de piano, j'ai cru devoir traiter successivement des principes succincts de la musique et de l'harmonie ; de la connaissance de l'intérieur du piano ; du rapport des chevilles avec les touches du clavier ; de la clef, du coin, du diapason; du meilleur piano à employer pour l'étude de l'accord ; des exercices nécessaires pour apprendre à diriger la clef et à perfectionner l'organe de l'ouïe; du tempérament; de la partition ; de l'accord général du piano et de sa vérification ; de la manière de remettre les cordes ; des moyens de repasser un piano; des précautions à prendre pour le hausser ou le baisser ; de la manière d'accorder cet instrument avec d'autres ; de l'accord de tous les genres de pianos ; des qualités de cet instrument ; de sa solidité ; de la durée de son accord; de sa conservation et

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