‹ L'art d'être grand-pèreChapitre 18 sur 65 · A GEORGES · texte numérisé non relu

A GEORGES

Et l'obscur tigre noir, dont le masque d'ébène A deux trous flamboyants par où l'on voit l'enfer.

Voir de près l'oiseau fauve et le frisson des ailes, C'est charmant ; nous aurons, sous de très sûrs abris, Le spectacle des loups, des jaguars, des gazelles, Et l'éblouissement divin des colibris.

Sortons du bruit humain. Viens au. Jardin des Plantes. Penchons-nous, à travers l'ombre où nous étouffons, Sur les douleurs d'en bas, vaguement appelantes, Et sur les pas confus des inconnus profonds.

L'animal, c'est de l'ombre errant dans les ténèbres ; On ne sait s'il écoute, on ne sait s'il entend ; Il a des cris hagards, il a des yeux funèbres ; Une affirmation sublime en sort pourtant.

Nous qui régnons, combien de choses inutiles Nous disons, sans savoir le mal que nous faisons Quand la vérité vient, nous lui sommes hostiles, Et contre la raison nous avons des raisons.

Corbière à la tribune et Frayssinous en chaire Sont fort inférieurs à la bête des bois ; L'âme dans la forêt songe et se laisse faire ; Je doute dans un temple, et sur un mont je crois.

Dieu par les voix de l'ombre obscurément se nomme ; Nul Quirinal ne vaut le fauve Pélion ; Il est bon, quand on vient d'entendre parler l'homme, D'aller entendre un peu rugir le grand lion.

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