LE POT CASSÉ
Et parfois aux marmots pensifs je l'expliquais.
Voici l'Yak ; voici le singe quadrumane ;
Ceci c'est un docteur peut-être, ou bien un âne ;
Il dit la messe, à moins qu'il ne dise hi-han ;
Ça c'est un mandarin qu'on nomme aussi kohan :
Il faut qu'il soit savant, puisqu'il a ce gros ventre.
Attention, ceci, c'est le tigre en son antre,
Le hibou dans son trou, le roi dans son palais,
Le diable en son enfer ; voyez comme ils sont laids !
Les monstres, c'est charmant, et les enfants le sentent.
Des merveilles qui sont des bêtes les enchantent.
Donc je tenais beaucoup à ce vase. Il est mort.
J'arrivai furieux, terrible, et tout d'abord :
— Qui donc a fait cela ? criai-je. Sombre entrée !
Jeanne alors, remarquant Mariette effarée,
Et voyant ma colère et voyant son effroi,
M'a regardé d'un air d'ange et m'a dit : — C'est moi.
Et Jeanne à Mariette a dit : — Je savais bien Qu'en répondant : c'est moi, papa ne dirait rien. Je n'ai pas peur de lui puisqu'il est mon grand-père. Vois-tu, papa n'a pas le temps d'être en colère, Il n'est jamais beaucoup fâché, parce qu'il faut Qu'il regarde les fleurs, et quand il fait bien chaud, Il nous dit : N'allez pas au grand soleil nu-tête, Et ne vous laissez pas piquer par une bête, Courez, ne tirez pas le chien par son collier, Prenez garde aux faux pas dans le grand escalier, Et ne vous cognez pas contre les coins des marbres. Jouez. Et puis après il s'en va dans les arbres.