DU COEUR AU VISAGE
On a beaucoup étudié ces mystérieuses concordances du physique et du moral et les phénomènes qui en résultent. Certains philosophes y ont trouvé une preuve vivante de l’existence de l’âme; d’autres ont palpé les cerveaux, scruté les traits du visage, pour y découvrir les particularités du caractère, les secrets les plus intimes de la vie; quelques-uns, poussant plus loin leurs déduetions, ont eru tout possible à l’esprit gouvernant la matière:
ils lui ont demandé la guérison de leurs maux, le triomphe sur l’adversité, sur la vieillesse, sur la mort même! Les ‘‘Christian Scientists’”, partisans de cette doctrine, n’étaient-ils pas fermement convaincus que la fondatrice de leur secte, Mme Eddy, ne devait jamais mourir, et ne furent-ils pas des mois à dissimuler sa fin, dans l'espoir, dit-on, qu’elle ressusciterait?
A côté de ces exagérations il y a place, toutefois, pour d’intéressantes observations et de consolantes vérités.
Quand le poète écrit:
Sois calme. Le repos va du coeur au visage
i ne fait que noter un fait d’universelle et courante expérience. Qui n’admet que les impressions de l’âme ne modèlent la physionomie, que l'attitude souvent ne trahisse les sentiments que la prudence voudrait cacher? Ce sont les veux qui, les premiers, parlent d’amour.
On dit de quelqu’un qu'il a l’air bon, frivole, hypocrite, hautain; et cette note dominante de la personnalité trompe rarement, tant l’influence des pensées habituelles donne à chaque figure une expression caractéristique.
L'âme ne saurait avoir sur le corps qu’elle anime que cette puissance superficielle et limitée. Elle en peut encore, jusqu’à un certain point, devenir la maftresse, lui commander et s’en faire obéir.
C’est elle, hier, qui ordonnaïit au soldat: ‘“‘Marche!”’ Et l’un d’eux, dans son rude mais expressif langage, définira
(mm