LA BEAUTÉ
resquement: ‘Si tu as deux pains, vendsen un et achète un lis’. Un élément de beauté, si mince soit-il, est en effet nécessaire à toute vie. Il nous faut un peu de fantaisie prêtant au rêve son aile légère, une porte magique par où l’Ââme un moment s’évade hors de l’emprise des tyranniques matérialités, un furtif rayon d’idéal se posant sur le terre à terre des besognes quotidiennes.
Plaisirs délicats que nous aurions grand tort de croire le lot de quelques privilégiés de l’art ou de la fortune!
Ne suffit-il pas de savoir regarder et d'entendre pour découvrir partout la beauté éparse autour de nous? Mystère charmant des nids mélodieux du printemps qui s’éveille, des corolles qui s’entr'ouvrent, éblouissement des soirs étoilés, splendeur sereine de la prairie, robe mouvante et diverse des champs vêtus de hauts blés et de souples avoines: quelles sources de profondes jouissances à la portée de tous!
Et que d’autres! Des fleurs, par exemple, dans la maison. Elles sont douces au coeur comme aux yeux. Elles déversent avec leurs parfums une foule de menues et bienfaisantes délices. Elles égayent le travail, elles sont un dérivatif aux mornes pensées, elles renouvellent tout...
Je pense à cette oeuvre gracieuse des ‘fenêtres fleuries” inaugurée avant la guerre et qui produisit, dit-on, en certains milieux, de si merveilleuses transformations.
Des dames charitables nparcouraient les quartiers pauvres, souvent sordides de leur ville, distribuant à chaque foyer une plante que l’on devait cultiver avec soin pour l’ornementation de sa fenêtre. L’émulation s’en mêlant, les ‘fenêtres fleuries”” bientôt se multipliaient, rayonnant sur la rue et dans la maison. Plus d’une ménagère jusque-là insouciante, gagnée par cet aspect nouveau des alentours, prenait subitement goût à l’enjolivement de son logis, et la propreté, la simple élé-