FÉMINISME PRATIQUE
Le temps est passé de la vie large, au petit bonheur, sans préoccupation de l’équilibre entre les recettes et les dépenses.
Aujourd’hui, l’imprévoyance réserve de cruelles surprises et seule une tenue exacte et minutieuse des comptes permettra d’y parer. Qui, mieux que la mère de famille, saurait s’astreindre à ce devoir et l’accomplir avec bonne volonté, intérêt et perpétuelle vigilance? C’est entre ses mains que repose en grande partie le bonheur et la prospérité des siens. Une initiation plus complète aux affaires ne la ferait-elle pas s’y intéresser davantage et une collaboration plus intime avec son mari ne l’y encouragerait-elle pas doublement ?
Dès qu’on parle d’une maîtresse de maison, femme d'initiative et de tête, participant activement à l’administration du budget familial, il se trouve aussitôt des bonnes âmes apeurées pour protester contre cette incursion de la femme hors de son domaine. L’Esprit-Saint lui-même
pourtant n’a-t-il pas inspiré à l’auteur du ‘Livre des Proverbes’? ce portrait de la Temme idéale: ‘‘Le coeur de son époux met sa confiance en elle. Elle est attentive à tout ce qui peut lui être avantageux et elle se conduit en tout avec une extrême prudence. Elle a considéré un champ qui lui a paru fertile et elle l’a acheté; elle v a planté une vigne du fruit et du travail de ses mains. Elle a goûté et elle a vu, par sa propre expérience, que son négoce était bon... Elle a tantôt porté la main à des choses fortes et tantôt à des petites. profitant de tout pour s’enrichir, non par amour de l'argent mais par le désir de faire du bien.”’
Pour profiter de ce qui ‘‘peut être le plus avantageux”, pour agir avec ‘‘extrême prudence” et juger par elle-même des profits de ‘‘son négoce”, ne faut-il yas que la femme ait une claire vue du bilan des affaires et, d’une façon ou de l’autre, qu’elle tienne les comptes du ménage?
qq M EU