‹ L'art d'être heureuseChapitre 29 sur 59 · COMPRENDRE · texte numérisé non relu

COMPRENDRE

ne séparent-elles pas souvent les coeurs des hommes comme les astres du firmament?

Chacun déplore son isolement, 1’incompréhension réelle ou supposée de son entourage.

‘Mes parents ne me comprennent pas””, gémit la jeune fille qui heurte vainement, aux barreaux d’une surveillance jugée trop étroite, ses ailes avides de liberté. ‘Mon mari ne me comprend pas’, soupire mélancoliquement cette jeune femme qui n’a pas tenu compte, dans ses rêves de bonheur, des prosaïques exigences de la vie quotidienne. Voyez ces deux amis. Un malentendu, une divergence d'opinion à fait trébucher, soudain, leur confiance mutuelle. Chacun s'éloigne, le coeur plein d’amertume: ‘C’est fini, nous re nous comprenons plus?”

JÏ1 serait si facile, pourtant, de se rapprocher et de s’entendre!

Ne suffirait-il pas, au lieu de tant se préoccuper d’être apprécié et compris, de

chercher soi-même d’abord à comprendre les autres? Au lieu de regarder, avec les verres grossissants de nos préjugés et de nos critiques, les torts probablement involontaires du prochain, de les envelopper de cette lumière intelligente du coeur qui les atténue et les excuse? Au lieu, surtout, de nous renfermer dans notre dignité ou dans notre bon droit, comme dans une tour d'ivoire, de sortir nous-mêmes, les mains tendues, au-devant des sympathies qui sont peut-être déjà en route vers notre bonne volonté?

Etre compris importe peu pour la plénitude, la valeur et la vraie beauté de la vie. Comprendre est tout.

Tout comprendre, c’est tout pardonner. Mettez-vous à la place de ceux que vous accusez: leur éducation, les coups répétés du malheur qui aigrit, des soucis absorbants, la sagesse d’une longue expérience, même un désir sincère du bien ne justifient- ils pas ces procédés qui vous vexent, ces divergences de vues que vous

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