UN CONTE, MAMAN
où vous aurez dormi longtemps silencieuses, vous remonterez avec des transfigurations suprêmes pour revivre en fortes vertus, en justes fiertés.
Sous prétexte d’instruire l’enfant, de le former, gardons-nous bien toutefois, par une méthode trop rigoureuse, de l’exelure de son domaine préféré, le merveilleux.
‘Je suis pour les fées”, disait Mme Lucie Félix Faure-Goyau, qui eut une si profonde compréhension du mystère et des aspirations de l’âme enfantine. Sa psychologie n’est point en défaut. Elle s'appuie sur la nature même de l’enfant, petit être encore tout imprégné d'’irréel, et sur l’expérience héréditaire et innombrable des douces conteuses qui ont successivement bercé et charmé le jeune âge.
À notre tour de susciter les émerveilleiwents ingénus devant le soulier de cristal de Cendrillon ou la lampe mystérieuse d’Aladin; à notre tour d'offrir aux rêves, à l’appétit immatériel des petits cette pâ-
ture de choix: la fantaisie légère des contes bleus, les poétiques invraisemblances des fables et des légendes.
Et par la vertu de sa baguette magique, une fée bienfaisante décrète :
‘L'heure des contes rapprochera délicieusement les coeurs de la mère et des enfants; elle enrichira le présent et servira l’avenir; elle sera l’heure exquise et féconde qui porte tout à la fois des feuilles, des fleurs et des fruits”.