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Zigzags autour de nos parlers
OS vieux vocables, les tournures pittoresques de notre parler populaire n’ont pas de dévot plus sin-
cère, d’appréciateur plus clairvoyant que M. Louis-Philippe Geoffrion, secrétaire de la Société du Parler français au Canada. Deux volumes de ‘‘Zigzags autour de nos parlers’”’ nous en avaient déjà donné la preuve. La troisième série, qui vient de paraître, continue avec une égale maîtrise, avec le même charme, l’oeuvre commencée.
Les philologues vous diront sans doute avec raison que le principal mérite de l'ouvrage réside dans la science solide de l’auteur, dans l'étendue de ses recherches
et la sûreté de ses sources. Pour nous, nous avouons en admirer surtout l’agrément, et avec quel art, quelle coquetterie, dirons-nous, M. Geoffrion dissimule, sous une allure familière, sa vaste érudition. Une telle nomenclature aurait pu être si facilement lourde, uniforme, ennuyeuse! Et voilà, au contraire, de la vie, de la variété, de la gaieté, de l’esprit; voilà des souvenirs, des anecdotes et des réflexions piquantes. ‘Ouvrez le livre n'importe où. vous ne le fermerez pas que vous ne l’ayez lu tout entier””, écrivait dans les ‘‘Etudes”’, de la première série des ‘‘Zigzags””, M. Louis de Mondadon. Nous pouvons affirmer la même chose du dernier volume.
Le but évident de M. Geoffrion est de donner le coup de grâce à la légende du patois canadien et de relever à nos propres yeux les vieux mots de notre ‘‘parlure”” en les rattachant à leur origine bien française. ‘On est émerveillé, disait le ‘Journal des Débats’’, quand on a par-