MOSSOUTOSE EN TENUE DE DANSE
matériel que nous signalons et les progrès intellectuels dont notre imprimerie de Morija est, avec notre belle école normale de la même station, un des véhicules les plus précieux, il y en a un autre moral et spirituel sur lequel nous pourrions nous étendre longuement.
Nous ne sommes pas allés chez les Bassouto pour leur enseigner les beaux côtés de notre civilisation, ou pour leur apprendre à lire et à écrire dans une langue qui n’avait jamais été fixée ; nous sommes venus tout simplement leur apporter l’Évangile qui entraîne tous
les progrès de la vie individuelle et so ciale ; aussi l’œuvre missionnaire est- elle bien une des preuves les plus saisissantes de la puissance novatrice et vivifiante du vieil Évangile. Sous cette influence, nous voyons se former un
DES NÈGRES DU SUD DE u’AFRIQUE 4l
corps pastoral indigène d’une haute valeur morale et intellectuelle. Certains indigènes atteignent un développement très élevé, comme par exemple cet Azariel Sekèse (1) qui a réuni un grand nombre de contes et proverbes formant un recueil
très curieux; ou bien encore Thomase Mafolo, professeur dans notre excellente école biblique et qui a publié dernièrement un petit roman intitulé :
Moeti oci bochabela, « Le voyageur qui vient du Levant », ouvrage très poétique, un peu apparenté peut-être au livre si connu de J. Bunyan : Le Voyage du chrétien , lequel a été traduit en sessouto et aussi imprimé à Morija.
Comme on comprend l’exclamation (2) d’un vieux membre d’une de nos églises, le digne Makotoko, disant à un arrivant, à propos de la venue des premiers missionnaires :
« Sais-tu où nous étions? Perdus dans le monde. — Ce que nous étions? Des bêtes sauvages, oui des bêtes sauvages! » Il y aurait à ce propos une petite étude psychologique à laire entre
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