OREILLERS EN BOIS, SCULPTÉS PAR DES MAGWAMBA (TRANSVAAL
lui-même la barque royale partant en guerre et d’élever ainsi une sorte de monument à la gloire nationale.
C’est un peu le même désir — de noter un souvenir — qui a poussé un autre « tailleur d’ymaiges » africain des environs de Lourenzo-Marquès, sur la côte de Mozambique, à représenter un léopard dévorant... un Anglais, disait l’auteur à son missionnaire.
Malgré son nez par trop pointu et son immense oreille, la victime fait vraiment pitié. Quant à la bête féroce, si elle n’a pas l’air commode, en revanche sa queue fait une courbe des plus gracieuses et, détail à noter, elle se démonte, ce qui n’est pas là son moindre mérite.
Chez les Magwamba, du Transvaal, qui appartiennent à la même race et à la même famille que nos Bassouto, on peut trouver des travaux qui ne sont pas sans saveur; par exemple, le monsieur portugais qui fait l’ornement de cette canne ne nous paraît pas inconnu; il nous semble l’avoir rencontré dans les
CANNE, SCULPTEE PAU UN GWAMBA
l’art nègre
rues de Lourenzo-Marquès. Les deux oreillers en bois sculpté de même provenance sont d’une assez belle invention, ils nous paraissent même mieux inventés que la plus grande partie de ceux que nous a laissés l’antique Égypte.
Avant d’aller plus loin, il convient de se souvenir que les indigènes sud-africains n’ont pas de termes précis pour dire « carré » et « angle ». S’ils ont le sens du pittoresque, l’esprit géométrique leur fait, par contre, presque complètement défaut. Les lignes verticales et horizontales ont pour eux des mystères qu’ils n’arrivent pas toujours à pénétrer.
Si nous pouvions à loisir parler des Damara, ou Herero de