PEINTURE DANS UNE CAVERNE PRES HERMON (PAYS DES BASSOUTO
ADIEUX A HERMON
rent ont suivi, dans le temps, l’école de la station ou la classe des catéchumènes, puis ont été reçus par nous dans l’église, sans compter que l’autre jour j’ai eu à bénir l’union d’un trois cent soixante-sixième mariage !
Inutile de dire que nous avons eu l’occasion de conseiller, d’aider, de reprendre aussi, voire même de médicamenter beaucoup de ceux que nous avons eus sur notre chemin; depuis Krarebe que j’ai pu, grâce à Dieu, sauver d’un étouffement, jusqu’à Mokiri, que j’ai pu faire sortir de la prison de Wepener, ou à la brave vieille Thérésa Morebotsana, dont nous avons soigné les enfants, petits-enfants et arrièrepetits-enfants.
Je ne veux pas oublier notre précieux Asa Senthebane, un vrai maître Jacques, car il est notre garçon d’écurie et d’étable, notre cocher, jardinier, savetier, vitrier, etc., un excellent bon à tout faire, et cela depuis au moins seize ans.
Cela nous sera un vrai chagrin de nous séparer de lui et de ses enfants, auxquels, par affection, il a donné les noms de nos entants.
IIERMON, VUE A VOL d’üISEAU
l’apriclub australe
l’art dans l’Afrique australe
Presque tous les jours Absalome Mokhethi passe ici, c’est mon conseiller intime ; il a la peau noire, c’est vrai, mais il y a bien longtemps que je ne m’en aperçois plus, car c’est le cœur qui fait les amis et non pas la [couleur de la peau. Il a été l’ami de notre prédécesseur, le dévoué missionnaire H. Dieterlen, et
UNE ASSEMBLÉE RELIGIEUSE UN JOUR DE COMMUNION, D’APRÈS UNE PHOTOGRAPHIE FAITE PAR M. P. RAMSEYER
est le nôtre. En le voyant, j’ai souvent pensé à ce qui est dit du héros de La Case de l’oncle Tom : « Tout en lui respire une grande dignité naturelle, qui n’exclut pas une simplicité humble et confiante. » Je ne dois pas omettre le nom du pasteur indigène E. Léchésa qui nous remplaça lors de notre voyage de congé en France, il y a une bonne douzaine d’années, et dont
ADIEUX A HERMON
nous avons pu apprécier la nature distinguée, le zèle et la délicatesse de conscience.
Oue d’autres noms d’amis je pourrais citer, dont plusieurs sont partis depuis longtemps pour la patrie éternelle. Que de traits pourraient aussi être mentionnés, montrant que les chrétiens noirs sont de la même famille que les chrétiens blancs, et certifiant bien cette parole de saint Jérôme « qu’on ne nait pas chrétien mais qu’on le devient ».
C’est, par exemple, la brave Mahadi, qui, lors d’une collecte faite dans une grande assemblée réunie en plein air, donna une pièce d’or ; le quêteur, tout étonné de la chose, vint vers moi, me conseillant d’aller lui demander si elle ne s’était pas trompée en donnant une pièce jaune au lieu d’une blanche.
Mahadi me répondit qu’elle avait été malade et n’avait rien pu donner à l’église depuis longtemps et qu’aujourd’hui elle avait voulu se rattraper.
Ou bien, c’est un homme de toute confiance, Asser, respecté de chacun, qui s’écriait dans une allocution : « Si je suis un croyant, c’est aux enseignements de ma mère que je le dois! »
C’est aussi le pauvre vieux Khaba (celui qui brille) qui, malade, nous faisait du bien par sa sérénité et son calme devant
i/art dans l’afrique australe
la mort qui approchait, en nous disant : « Mon affaire à moi,
c’est d’attendre mon Maître qui va venir me chercher. »
Citons encore Motalane (herbe nouvelle) qui me raconta qu’un jour d’orage il vit son cheval frappé de la foudre et tomber mort à ses pieds, et qu’il se demanda où il serait s’il avait été frappé à la place de cet animal. Réflexion que Luther fit dans des circonstances analogues, en i5o5, et qui décida de son avenir.
Il y aurait encore à parler du vieux Jacobo Ledimo, le doyen de nos parages, qui se souvient bien de l’époque où, avant l’arrivée des missionnaires, le cannibalisme était dans le pays; Ra-Orpen, le sonneur en titre de la cloche, devrait encore être mentionné, mais il faut se borner...