SIGNES PROVENANT DE CAVERNES DE LA COLONIE DU CAP
L'Afrique dans sa fécondité primitive rendra au centuple ce qui y sera semé, le bien comme le mal,
Savorgnan de Brazza.
N croit généralement qu'il n'y a rien qui ressemble tant à un nègre qu'un autre nègre : c'est là une grande erreur, qui provient souvent d'indifférence envers la race noire ou encore de mépris à son égard, ou tout simplement d'inattention.
Le mot de Pascal, que plus on apprend à connaître les hommes plus on trouve d'esprits originaux, peut s'appliquer aux nègres. En les étudiant et en les aimant, on est étonné de tout ce qu'on rencontre- d'originalités chez eux et de talent et d'esprit, surtout quand on connaît leur langue et qu'on vit longtemps au milieu d'eux.
Au sud de l'Afrique, où on les dédaigne plus ou moins, on les désigne sous le nom méprisant de Cafres, ce qui, au fond, ne répond à rien, puisque c'est un mot arabe qui signifie infidèles — infidèles à Mahomet, ce que nous sommes également, — nom
l'africlue australe S
par lequel les Malais importés par les Hollandais au seizième siècle comme esclaves désignaient tous ceux qui n'étaient pas musulmans et qui a fini par passer dans l'usage courant en prenant une autre signification. Les indigènes du Sud-Africain, à part les Bushmen et les Hottentots, sont de race bantoue et appartiennent à différentes familles, parfois très diverses de langues et de coutumes, tout comme en France un Breton diffère
VILLAGE DE BASSOUTO
d'un Provençal, qui lui-même est autre que le Picard ou le Normand.
C'est d'abord par l'habitation qu'on peut voir à quelle famille et à quelle tribu appartiennent ceux qui y habitent.
La hutte, par exemple, d'un Mossouto (1) ne ressemble pas tout à fait à celle du Morolong; la première est généralement
(1) Mossouto est le singulier de Bassouto, ceux-ci parlent sessouto et vivent au Lessouto ou pays des Bassouto, situé au nord-est de la colonie du Cap, sur le ?5« degré de longitude est de Paris.
DES NÈGRES DU SUD DE ^'AFRIQUE
pointue et de petite dimension, et faite de branchages recourbés sur lesquels on attache le roseau ou une certaine herbe
VILLAGE DE- BAROTSI, BORDS DU ZAMBEZE .
qui recouvre la hutte, puis on formera devant celle-ci, avec du roseau fixé en terre et fort habilement lié et dressé, un petit enclos; tandis que le Morolong fixera sur ces branchages des nattes très soigneusement
préparées, et sa hutte, plus spacieuse et arrondie, ressemblera assez à une moitié de fromage de Hollande posée à terre.
Quant aux Zoulous, ils font des habitations un
peu plus vastes, mais plus fermées aux regards des passants; tandis que les Maqosa, Magwamba, Tembouki, Bahlapis, Ba-
HUTTES DE BAROLONG, A THABA-NCHU
puthi, etc., qui vivent plus en dehors, élèveront des huttes plus
modestes et dont l'intérieur sera aisément accessible aux regards.
Les Barotsi des bords du Zambèze diffèrent encore de
ceux-ci et de ceux-là; leurs abris sont plus compliqués, avec des vérandas et de petits couloirs intérieurs, mais très appropriés au climat tropical de leur contrée.
La hutte sur pilotis (1) se trouve plus au nord, au delà du Zambèze ; quant à la hutte carrée, elle est rare et semble une forme importée; on la rencontre surtout chez les Hottentots ou autres indigènes originaires de la colonie du Cap. Nous parlons ici des indigènes