EPINGLE EN IVOIRE FAITE PAR UN ZAMBEZIEN
celui des parages du fleuve Orange qui taillaient ces cuillers et les pyrogravaient à leur façon, avaient pour idéal de faire
BARQUE DE GUERRE DES DUALLA, CAMEROUN
(Musée des missions de Bâle)
quelque chose devant les réjouir eux-mêmes et plaire aux autres.
C'est le musée de l'Institution missionnaire de Bâle qui possède peut-être l'un des chefs-d'œuvre de l'art chez les nègres : il représente la barque de guerre des Dualla, du
V^dlIieiOUIl, Cl IlieSUie ŒUVRE D'UN INDIGÈNE RONGA DE LOURENZO-MARQUES
im 20 de long; chaque
personnage, taillé en bois avec un soin minutieux, se fixe aux
bancs de la barque comme le soldat de plomb sur son cheval.
Le but de l'artiste, on le voit de reste, était de conserver l'impression saisissante que faisait sur ses compatriotes et sur
OREILLERS EN BOIS, SCULPTÉS PAR DES MAGWAMBA (TRANSVAAl)
lui-même la barque royale partant en guerre et d'élever ainsi
une sorte de monument à la gloire nationale.
C'est un peu le même désir — de noter un souvenir — qui a poussé un autre « tailleur d'ymaiges » africain des environs de Lourenzo-Marquès, sur la côte de Mozambique, à représenter un léopard dévorant... un Anglais, disait l'auteur à son missionnaire.
Malgré son nez par trop pointu et son immense oreille, la victime fait vraiment pitié. Quant à la bête féroce, si elle n'a pas l'air commode, en revanche sa queue fait une courbe des plus gracieuses et, détail à noter, elle se démonte, ce qui n'est pas là son moindre mérite.
Chez les Magwamba, du Transvaal, qui appartiennent à la même race et à la même famille que nos Bassouto, on peut trouver des travaux qui ne sont pas sans saveur ; par exemple, le monsieur portugais qui fait l'ornement de cette canne ne nous
paraît pas inconnu; il nous semble l'avoir rencontré dans les
CANNE, SCULPTEE PAR UN GWAMBA
L ART NEGRE
rues de Lourenzo-Marquès. Les deux oreillers en bois sculpté de même provenance sont d'une assez belle invention, ils nous paraissent même mieux inventés que la plus grande partie de ceux que nous a laissés l'antique Egypte.
Avant d'aller plus loin, il convient de se souvenir que les indigènes sud-africains n'ont pas de termes précis pour dire « carré » et « angle ». S'ils ont le sens du pittoresque, l'esprit géométrique leur fait, par contre, presque complètement défaut. Les lignes verticales et horizontales ont pour eux des mystères qu'ils n'arrivent pas toujours à pénétrer.
Si nous pouvions à loisir parler des Damara, ou Herero de
PEAU PREPAREE ET COUSUE PAR DES HERERO DU NAMAQUALAND
la côte sud-occidentale qu'une nation européenne a récemment
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essayé d'écraser, nous serions surpris de leur habileté à travailler le métal, le bois, les peaux, etc.
NGUANA MODULA