‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 24 sur 433 · Ibid., v · texte numérisé non relu

Ibid., v

îi. Une incertitude subsiste, après qu'on a reconnu dans la colonnade encore debout ['atrium de la basilique damasienne, reconstruite par saint Paulin. On a remarqué, entre deux des colonnes, le sarcophage de briques porté par

Pour orienter cet atrium par rapporta la grande basilique fondée par Paulin, on n'a aucune donnée. Rohault de Fleury a bien essayé, après Remondini, de dresser un plan des constructions de Paulin, basiliques et portiques, d'après une ('Inde du terrain et des textes. Mais lui-même avoue l'impuissance où il s'est trouvé de conclure, en publiant dans son ouvrage deux plans différents, qui représentent deux étals successifs d'un système d'hypothèses instables. Pour que l'on pût illustrer par un plan détaillé les descriptions de Paulin, il faudrait d'abord que le terrain, [ont autour de la basilique de Saint-Félix, eût été fouillé à 3 mètres de profondeur et qu'on eût partout rejoint le sol ancien. Déjà, en dehors de la colonnade que nous avons décrite, on voit pointer hors du sol deux fûts de colonnes (S, S) beaucoup plus fortes et plus hautes que celles de l'atrium, et qui ont pu appartenir à la basilique majeure. Les sondages rencontreraient sans doute les bases de la plupart des anciennes colonnades : il ne resterait qu'à prendre les mesures.

On sait ce que les fouilles entreprises en Algérie et en Tunisie ont appris sur les monuments chrétiens contemporains de saint Paulin; qu'on imagine ce que rendrait à l'histoire le sol où a disparu ce qu'on peut appeler l'œuvre artistique d'un homme sur qui tout le monde chrétien avait les yeux, et qui, lui-même, était mêlé à tout le travail de pensée qui s'accomplissait en Orient comme en Occident. Le cimetière de Nola dut être, au début du v* siècle, un centre privilégié où se rencontraient les influences les plus diverses. Sans parler des évêques africains, avec qui Paulin entretenait des rapports constants, sans rappeler les deux basiliques et le baptistère que Sulpice-Sévère ('leva en Aquitaine et où il inscrivit les tituli que son ami lui envoya de Nola. nous savons que l'hôte du Cimetière ne cessait de recevoir des visiteurs qui venaient d'Orient. C'est Mélanie, la pieuse dame romaine, qui apporte de Jérusalem le morceau de la vraie croix, que Paulin exposa dans sa basilique neuve. C'est Posthumianus, qui courait la chrétienté pour répandre de ville en ville le culte de saint Martin et qui, au retour d'un voyage en Orient, l'ait visite à Paulin, quelques mois avant que celui-ci ne commençât ses constructions. Enfin peut-un

deux colonnettes de marbre noir, et qui n'est désigne par aucune inscription. A en croire If chanoine Ferraro, qui écrivait au xvuc siècle, ce sarcophage ne serait autre que le tombeau de saint Félix. Voici les propres paroles du savant campanien : « Dietro délia custodia [le tabernacle de l'autel], sopra due colonnetle di pietra africana, sla il tumulo di S. Felice Prête in Pincis, posto dentro il muro, nel quale è dipinta lasua effigie in opéra musaica... E dentro del medesimo muro, insieme cou quello di S. Felice sla riposto il corpo di S. Faustillo Martire. In un eapitello che tiene sopra di se il tumulo, sta scrilto Sanctus Félix, e nell' altro Sanctxis Faustillus ; e si stanno le loro imagini, ina assai piccole, scolpile nei l'ogliaggi dei detti capitelli. » {Bel Cîmiterio Noluno, p. 105-10G.) Mosaïque et chapiteaux ont disparu. Si l'on admet la tradition rapportée par Ferraro, on sera incliné à croire que la moitié de la colonnade, où sont rangés les trois tombeaux, n'esl pas une partie de Valrium ; ce quinconce de colonnes serait précisément la basilique funéraire du pape Damase, qu'on peut, d'après les descriptions de saint Paulin, se représenter, non pas comme un édifice fermé par des murs, mais comme une sorte de portique ajouré et couvert, entourant le tombeau de saint Félix. On n'a actuellement aucun moyen de savoir si vraiment la modeste chape de briques, élevée sur deux tronçons de colonnes précieuses, est le sarcophage que les pèlerins venaient jadis vénérer en foule. Dès le temps où écrivait le chanoine Ferraro, le loinbeau du saint, en l'honneur duquel s'étaient élevés les édifices du cimetière, était négligé, et la plupart des hagiographes doutaient que les reliques de saint Félix fussent encore conservées près de Nola. Bénévent se vantait de posséder ces reliques sous le maitre-aulel de sa cathédrale, et la Congrégation des Hifes, au xvue siècle, proclamait officiellement que ce précieux dépôt avait passé aux mains des Bénédictins de San Vito, a Plaisance (Cf. Remondini, I, p. ii'2'.t).

oublier la capitale nouvelle don) Paulin, tout le premier, écrit qu'elle est désormais la rivale de Rome :

Conslantinopolis magnae caput semula Romae1 ?

Il importerait de savoir si le saint qui était une des lumières de son temps a cherché à Rome ou en Orient les inspirations dont il dut s'aider pour fixer le plan de ses édifices. D'après le fragment conservé et les vers île Paulin, on peut seulement se représenter, autour de Yatrium orné de mosaïques et de tituli, d'autres colonnades et d'autres arcades'; en tous sens, une architecture de plein air, où les murs mêmes des édifices sont remplacés souvent par des portiques, où le soleil entre de toutes parts sous les toitures, cl où cinq basiliques, largement ouvertes, sont comme autant à'alria disposés autour du saint tombeau3. Cette ville monastique, oii le sarcophage de Félix est comme enchâssé'1, qui tenait d'une villa par ses colonnades et ses fontaines vives, et qui, en même temps, prenait, avec sa vaste enceinte et ses constructions à deux étages, un air de château fort5, rappellera le grand couvent syrien de Kalat Seman et les colonnades de ses quatre basiliques, convergeant toides vers la colonne isolée qu'avait habitée le Stylite". Elle pourra faire penser aussi au monastère africain de Tébessa7. Si l'on quitte les ruines de la plus vieille architecture chrétienne d'Orient pour rapprocher simplement du texte de Paulin un texte qui évoque d'autres édifices entièrement disparus, on trouvera de singulières ressemblances entre les descriptions des églises de Nola et celles qu'Eusèbe nous a laissées des constructions élevées à Jérusalem par Constantin, et l'on pourra se demander si les édifices groupés autour du tombeau de saint Félix n'ont pas été une imitation des basiliques et des portiques dont l'ensemble formait le Martyrion du Christ8.

La basilique fameuse, qui, un demi-siècle après la mort de Paulin, fui élevée à Tours, devant la confession de saint Martin, (Mail semblable presque en toul point aux édifices de Nola : il n'y manquai! ni le tombeau miraculeux autour duquel se groupent d'autres tombeaux illustres, ni l'abside à jour, ni les lituli prolixes, ni les portiques et les habitations qui formaient à l'église de vastes dépendances et qui comprenaient jusqu'à un monastère de femmes 9, pareil à celui oii Thérasia, la femme de Paulin, vint se retirer près de l'époux

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