‹ L'art dans l'Italie méridionaleChapitre 47 sur 433 · Garhucci, pl. 94, n · texte numérisé non relu

Garhucci, pl. 94, n

5. « Construxil eliam ibidem marmoreum baplismalïs fontem » (M. G. II., Scriptores, etc., p. 425).

0. Lsfort, Chronologie des peintures des catacombes de Naples (Mélanges de l'Ecole de Rome, 1883, p. 193-190). Pour le sujet et pour la composition, cf. les Baptistères do Ravenne.

La querelle des iconoclastes donna elle-même occasion à des peintures fort curieuses, qui furent exécutées peu de temps après la rentrée de l'évéque Paul dans l'enceinte de Naples et après sa mort. Le successeur de Paul, l'évéque Etienne, qui mourut en 797, éleva dans l'enceinte de l'évêclié une église dédiée à saint Pierre, et il en fit décorer le portique de peintures représentant un sujet qu'on retrouvera dans le manuel des peintres de l'Athos : les six conciles œcuméniques1. Ces peintures doivent être rapprochées de celles que le pape Constantin, près d'un siècle auparavant (en 712), avait fait exécuter sous le portique de Saint-Pierre de Rome. Tandis que le Pape avait entendu protester, en honorant tous les conciles œcuméniques, contre le sacrilège que l'empereur monothélite Philippe avait commis à Constantinople, en détruisant les images du sixième concile, par lequel avait été condamnée sa propre hérésie", l'évéque de Naples, en exallant les images des mêmes conciles, proclamait son attachement pour la foi orthodoxe, que son prédécesseur avait défendue contre les iconoclastes.

Les images des Conciles ont disparu depuis longtemps, avec l'église Saint-Pierre de Naples. On trouve des peintures du même temps dans quatre niches du vestibule de la catacombe où nous avons remarqué le Baptême du Christ. Ce sont d'abord deux figures d'évèques vus à mi-corps, et représentés dans l'attitude fies orants: les noms, aujourd'hui invisibles, nous ont été conservés dans des descriptions anciennes ; ces deux évoques, Paul III et Jean V, vivaient dans la première moitié du ixe siècle. Tout effacées que soient leurs images, elles peuvent servir de point de comparaison pour dater approximativement deux séries de ligures qui couvrent l'intérieur de deux absidioles, à droite et à gauche de la large avenue qui s'enfonce dans les flancs de la colline. Ces figures sont, d'un côté, saint Janvier, au centre, et les saints napolitains Sosius, Proeulus, Festus, Desiderius, Eutyclus et Acutius. A la fin du vin" siècle, les reliques de ces deux derniers saints avaient été solennellement transférées à la cathédrale de Naples. On distingue, au-dessus de l'entrée de l'absidiole, un chrisme accompagné du monogramme : TC XC NH — KA, qui fut inscrit sur les monnaies impériales de Byzance pendant le ixe et le x° siècle3. Dans l'autre absidiole sont figurées des saintes portant des couronnes : Catherine, Agathe, Eugénie, Julienne et Marguerite. La conque est occupée par un buste du Christ, la tête ceinte d'un nimbe crucifère. Les peintures de ces deux absidioles diffèrent notablement de la fresque du Baptême du Christ, plate et sans modelé. Les yeux sont grands, les narines largement ouvertes, les cheveux brun rouge. Le cerné brun enveloppe un ton fondamental rougeàtre, sur lequel les traits du visage et les plis de la draperie sont relevés en clair''.

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